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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 00:01
Par Emilie Ogez

Les premières Rencontres Nationales Communication et Technologies Nouvelles se sont tenues les 16 et 17 octobre à Rennes à l'initiative de Cap'Com. Il y était question des moyens pour réaliser la meilleure synergie possible entre les applications du Web 2.0 et les collectivités locales. Compte rendu.

A priori, il y aura des suites (autrement dit, il y aura un Cap’Com Net 2009 et probablement un Cap’Com Net 2010). Par contre, est-ce que ce sera à Rennes ou pas, je ne sais pas. On parle également de la mise en place d’une communauté de pratique, qui serait soutenue par Cap’Com, regroupant les différents communicants des territoires. Un besoin qu’ils ont exprimés, se rendant compte qu’ils rencontrent les mêmes difficultés et qu’ils cherchent à répondre aux mêmes problématiques et enjeux.

La journée commence par la traditionnelle introduction. On a pu écouter successivement Xavier Crouan, directeur de la communication de la ville de Rennes, Dominique Mégard, déléguée générale de Cap’Com et Daniel Delaveau, le maire de Rennes. Séance de remerciements (partenaires, organisateurs, etc.) et focus sur la réflexion menée actuellement sur la communication dans les territoires. Le maire de Rennes fait plusieurs allers-retours entre aujourd’hui et hier, établit des parallèles, et s’interroge sur le paradoxe de l’organisation d’une telle rencontre « physique » à l’heure du réseau et du virtuel. Il souligne la nécessité pour les acteurs territoriaux d’adapter les outils, leurs méthodes, de rapprocher le citoyen des outils afin qu’il se sente impliqué dans la vie de la ville et d’inventer et adapter les rapports entre les élus et les citoyens.

Cette partie introductive se termine par un petit rappel sur le format “court” (TED) des interventions de la matinée.
 
 
Christophe Aguiton : Le Web 2.0
Christophe commence par interroger la salle sur l’utilisation des réseaux sociaux (plus de la moitié des participants sont sur un réseau social soit une cinquantaine de personnes) et la connaissance du Web 2.0 (quasiment toute la salle sait de quoi il s’agit). Il enchaîne ensuite sur sa présentation proprement dite.

Origine du Web 2.0
Le Web 2.0 est né au début des années 2000 de la combinaison suivante : Google + logiciel libre + wifi communautaire (US) + autoproduction de contenus (blogs + wikipédia).

A partir de 2005, on assiste à une nouvelle vague de services et d’innovations ascendantes en provenance des Etats-Unis, qui naissent dans un contexte culturel et local bien spécifique.

Les trois éléments clés du web 2.0 sont l’UGC (User Generated Content), la généralisation du haut débit (qui facilite l’upload et le téléchargement de photos) et une nouvelle forme d’innovations.

API
L’innovation principale sur laquelle Christophe s’attarde, c’est l’ouverture des API (Application Programming Interface = Une interface de programmation). Il montre également que la collaboration horizontale (base de données GoogleMaps + Ebay = mapBid) a eu une importance cruciale. Aujourd’hui, on parle essentiellement de GoogleMaps, chez IGN, on a du mal à s’ouvrir mais ça vient.

Lieux et cadres collaboratifs (barcamp, coworking space, etc.)
Ils prolifèrent, comme La Cantine, présentée en détails. C’est ce qu’il appelle le troisième lieu (je connaissais « Third place ») : ce n’est ni le domicile ni le lieu de travail.

Orange propose un modèle intéressant (au-delà de ceux que nous connaissons, comme la théorie des liens forts/liens faibles) :

  • agir, faire et monter (par exemple : poster une photo) ;
  • ouvrir une phase conversationnelle (à partir de l’exposition de soi) ;
  • qui peut déboucher sur coopération (entrelacement des niveaux de coopération) ;
  • sérendipité (savoir bénéficier du hasard heureux).

Christophe en profite pour nous parler de On the serendipity road - Exploring the unexpected, l’ouvrage de James R. Hine. Enfin, juste avant de passer le relais à Hubert Guillaud, il nous présente une expérimentation menée sur Paris le 21 juin 2008 entre 15h et 2h du matin ; une illustration de la “ville augmentée".
 
 
Hubert Guillaud : Le Web 2.0 dans les territoires
C’est ensuite au tour d’Hubert Guillaud de se présenter sur la scène. Il nous a parlé d’hyper local. J’attendais avec impatience de l’écouter. Depuis le temps que je lis Internet Actu et que j’entends parler de lui. C’est chose faite.

Il commence fort : le local, ce sont les personnes qui vous entourent, que vous rencontrez à la boulangerie du coin, dans le bus… quand on parle de forums, de mails, de blogs… ce sont les mêmes personnes mais on parle d’hyperlocal (ce qui se passe sur un territoire à travers un ordinateur).

Aujourd’hui, Internet touche quasiment tout le monde. Il constate qu’on ne sait rien des pratiques numériques sur les territoires. Au mieux, par exemple, on sait combien de personnes ont une connexion haut débit. Selon lui, “on ne les regarde pas” on n’imagine pas qu’on peut exploiter les données dont on dispose. Qui recense les blogs sur un territoire ? Par exemple les blogs sur Skyblogs ? Pour Romans, leur nombre est passé de 100 à 200 à plus de 1000 blogs actifs. Autre exemple, avec une fouille locale basée sur l’utilisation de Google insights ; une recherche sur Strasbourg montre que les requêtes viennent de l’Alsace. C’est une information importante. Pourquoi communiquer en dehors de l’Alsace alors que seulement quelques pourcents de requêtes ne viennent pas d’Alsace ? La carte des blogs des régions méditerranéennes nous en apprend aussi beaucoup.

Les Mots-clé : révéler, élargir, outiller pour les autres, animer, rendre accessible, hybrider, activer

Hubert enchaîne ensuite sur : “Comment utiliser Internet ?” Les mots-clé : révéler, élargir (comparaison entre la bibliothèque de Rennes qui ne donne accès à ses fonds qu’aux personnes de Rennes et de la bibliothèque de Lyon qui propose un Guichet des savoirs ouvert à tous ; “pourquoi ne pas ouvrir ?”, s’exclame Hubert), outiller pour les autres, animer, rendre accessible (exemple de l’agenda participatif de Rennes et de Romans), hybrider, activer.

Deux exemples intéressants :

  • Le Towerbridge a un compte sur Twitter : une façon de savoir quand le pont s’ouvre. L’information arrive sur votre mobile ou votre agrégateur.


  • Citysense est un produit de la société New-Yorkaise Sensde Networks : c’est une application mobile qui permet de visualiser en temps réel sur une carte Google Maps les endroits les plus fréquentés de la ville (les endroits où il y a le plus de trafic routier). Le produit est disponible seulement sur BlackBerry (bientôt sur l’iPhone) et sur la ville de San Francisco.



Mathieu Lerondeau : Quels enjeux stratégiques pour les territoires ?

La dernière intervention est celle de Mathieu Lerondeau. Les nouveaux outils du Web 2.0 et leurs usages impliquent, supposent une perte du monopole de l’information locale de la part des acteurs territoriaux. Les citoyens font la démarche d’ouvrir un blog, s’expriment… c’est un discours différent de celui, plus institutionnel, d’une collectivité locale. Il donne l’exemple du blog de Christophe Grébert qui a créé MonPuteaux.com pour s’exprimer et qui entre en concurrence avec le site moins sympathique et plus classique de la mairie de Puteaux. Il y a finalement aujourd’hui une forme de compétition qui est plutôt favorable au développement d’initiatives. Mais finalement, le risque n’est-il pas de n’être plus entendu par personne ?

Les nouveaux outils du Web 2.0 et leurs usages impliquent, supposent une perte du monopole de l'information de la part
des acteurs territoriaux


En conclusion, quelques recommandations :

  • Miser sur les complémentarités entre initiatives citoyennes et institutionnelles ;
  • Valoriser l’information institutionnelle sur le Web social local ;
  • Il ne suffit pas de créer : il faut aussi animer, écouter, inciter… autonomiser à travers des logiques conversationnelles.

Quelques exemples : créer des blogs métiers, twitter le temps d’attente au bureau d’état civil, créer une base de connaissance.
 
 
A la suite des présentations…
  • “Les nouveaux usages sont à créer” ;
  • Un des outils les plus porteurs de possibilités est GoogleMaps ;
  • On n’a pas attendu Internet et le Web 2.0 pour inventer le débat public ;
  • Internet est un moyen d’appuyer et de compléter toutes les formes de consultations locales ;
  • Pour une région, le plus important, c’est d’être au courant de ce qui se passe sur le Web : quels sont les citoyens qui ont un blog ? Existe t-il des sites de partage de photos sur la région ? etc.

Les présentations se sont terminées aux alentours de 11h45/12h, laissant le temps aux intervenants d’échanger avec les personnes présentes et aux personnes présentes d’interagir entre elles. Beaucoup semblaient déjà se connaître (beaucoup de rennais).
 
 
My turn!
L’après-midi, c’était à mon tour de passer sur le grill. J’ai animé deux ateliers “Boîte à outils du communicant 2.0 et revue de projets”. Merci à Loic et Frédéric pour leur aide. L’objectif était de montrer des réalisations concrètes d’utilisation d’outils de Web 2.0 par des territoires. Ce fut assez difficile de choisir parmi les différents sites et initiatives existants et aussi de les présenter de manière logique et cohérente. J’ai décidé de les présenter ainsi :

  • Favoriser l’expression et la participation (blogs, wikis, applications composites) ;
  • Mixer et agréger des contenus locaux ;
  • Développer les liens sociaux de proximité ;
  • Créer des passerelles entre le réel et le virtuel ;
  • Rendre les services publics mobilisables ;
  • Bibliothèques 2.0.


Je me rends compte aujourd’hui qu’il y a en fait plusieurs entrées possibles : par type d’outil, par type de contenu, par type d’objectif, par type d’initiateur (un citoyen, une institution locale, etc.) et que je n’ai probablement pas suffisamment insisté sur certains aspects : microblogging, agenda partagé, logiciels open source, etc. En outre, je pense ne pas avoir assez évoqué les objectifs poursuivis par chaque site et le “pourquoi du comment” les services et outils Web 2.0 ont été utilisés. Ce n’est peut-être que partie remise.

Il ressort de cette journée que les élus ont une forte influence sur les approches et les orientations possibles (et leur mise en application), que les moyens ne sont pas surdimensionnés, que les communicants n’ont pas forcément toutes les ressources nécessaires pour mettre en oeuvre du Web 2.0 et qu’avant même de penser Web 2.0, il faut déjà commencer par l’aménagement numérique du territoire. Il semble aussi que beaucoup se trouvent « coincés » par des contrats de maintenance et de modification de leur site Internet : les codes sources sont propriétaires. En résumé : tout est plus complexe qu’il n’y paraît.

Comme vous le voyez, c’est un “retour” assez long, à l’image de la richesse de cette (seule) journée. J’aurais dû rester aujourd’hui mais je serais finalement sur Paris. Je connaissais quelques sites locaux 2.0. J’ai découvert un monde passionnant. Je vais résister à l’envie de créer un nouveau blog. D’abord parce que ça veut dire que je dormirai encore moins qu’avant (et je ne pense pas que ce soit une bonne chose) mais surtout parce que des sites références existent déjà (villes-internet.net et Artesi). Par contre, je crois que vous verrez désormais quelques billets traitant de territoires 2.0, en pleine émergence.

Si vous vous intéressez à ces problématiques, vous pouvez rejoindre le hub Viadeo “Echanges pour le développement territorial 2.0″, créé avec Frédéric, il y a quelques mois. N’hésitez pas à nous y signaler des évènements, des sites, etc. Au plaisir d’échanger avec vous !

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