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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 15:14

par Jeanne Bonnemay


La France serait-elle plus religieuse, attachée à ses valeurs familiales, solidaire ou égalitaire que nous l’aurions cru ? Serait-elle plus fainéante, archaïque et inadaptée que nous l’avions remarqué ? Se réveiller un dimanche pour découvrir cela a de quoi laisser sans voix. Heureusement, l’adoption de la proposition de loi sur le travail le dimanche se charge de délier les langues. Journalistes, bloggeurs et hommes politiques commentent, louent, accusent ou récusent cette loi symbolique pour les deux camps.

Pour bien comprendre, rappelons que la loi sur le travail le dimanche a été adoptée par le Sénat le 23 juillet dernier après de nombreux ratés (elle avait déjà été présentée trois fois). Les dispositions de cette loi - et leurs conséquences - sont discutées dans les rangs de l’opposition (qui trouve, grâce à cette proposition, une certaine unanimité) mais également dans ceux de la majorité: elle a obtenu la plus faible majorité au Sénat depuis la rentrée parlementaire.

Le repos dominical reste la règle mais les dérogations sont élargies et différenciées entrainant des débats sur l'égalité de cette mesure et son      efficacité.

La loi ne proclame pas la généralisation du travail le dimanche: le repos dominical reste la règle. Mais les dérogations à ce principe sont élargies. Pour exemple, nous citerons les deux dispositions les plus controversées. Premièrement, dans les zones touristiques ou thermales, tous les commerces pourront ouvrir le dimanche et cette ouverture sera de droit (sans compensation pour les salariés et sans volontariat). Deuxièmement, dans les agglomérations, où les PUCE ("périmètres d'usage de consommation exceptionnel") sont créées, le travail dominical sera possible mais sur la base du volontariat des salariés et d’une contrepartie salarial.

Les débats autour de cette loi sont nombreux. D’un coté, l’inefficacité économique, la rupture du principe d'égalité inhérent à notre régime (différentes catégories de salariés sont créées suivant leurs localisation géographiques), la destruction des fondements de notre société, des valeurs familiales et des acquis sociaux qu’amèneraient cette loi sont dénoncées.
 
De l’autre, on se félicite de la plus grande protection des salariés par la régularisation de situations existantes, de la modernisation du pays plus travailleur, productif et donc connaissant une plus forte croissance
qu’entraineraient ce changement.

Ce sont donc deux symboles et leurs antithèses qui s’opposent dans les discussions autour de cette loi : d’une part l’image d’une France solidaire décomposée par cette loi pour devenir individualiste et égoïste. D'autre part celle d’une France productive et moderne qui se bat contre les freins d’une France retardée et irréformable.


Dans les deux camps, chacun ménage la chèvre et le chou pour faire gagner ses arguments sur le plan des idées: certains socialistes et hommes de gauches se font - après avoir plusieurs fois crié au cléricalisme depuis le début du quinquennat - les défenseurs du droit des catholiques à leur sacro-saint « septième jour » de repos et les apôtres des valeurs familiales. Des parlementaires de la majorité défendent la protection que cette loi apporterait aux salariés sans s'émouvoir de la possible remise en cause de certaines valeurs due à cette loi.

L’adoption de cette proposition se fait donc bruyamment.  Bien normal si l’on considère le sujet. Mais ne ferait-elle pas beaucoup de bruit pour rien ? C’est du moins ce que nous pourrions considérer si nous étions dans les petits papiers du Conseil Constitutionnel. Ce débat passionné se transforme en ersatz sans conséquence si l’on considère la probabilité importante de censure du Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité. L’avenir nous dira si nous avons eu affaire à une véritable question de société ou à un sketch politicien dans lequel chacun a joué son rôle à merveille.

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Published by blog-territorial - dans Actualités
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laurence 07/08/2009 15:25

En revanche, pour le PS, la décision du Conseil risque de "multiplier les conflits juridiques et sociaux", Les socialistes craignent également que le dispositif soit étendu à plus de 6 000 communes touristiques et non à 500 comme indiqué par le gouvernement

Hal 31/07/2009 14:51

Notre avis sur la question ici  http://no.way.over-blog.com/article-34240792.html

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