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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 15:14

par Jeanne Bonnemay


La France serait-elle plus religieuse, attachée à ses valeurs familiales, solidaire ou égalitaire que nous l’aurions cru ? Serait-elle plus fainéante, archaïque et inadaptée que nous l’avions remarqué ? Se réveiller un dimanche pour découvrir cela a de quoi laisser sans voix. Heureusement, l’adoption de la proposition de loi sur le travail le dimanche se charge de délier les langues. Journalistes, bloggeurs et hommes politiques commentent, louent, accusent ou récusent cette loi symbolique pour les deux camps.

Pour bien comprendre, rappelons que la loi sur le travail le dimanche a été adoptée par le Sénat le 23 juillet dernier après de nombreux ratés (elle avait déjà été présentée trois fois). Les dispositions de cette loi - et leurs conséquences - sont discutées dans les rangs de l’opposition (qui trouve, grâce à cette proposition, une certaine unanimité) mais également dans ceux de la majorité: elle a obtenu la plus faible majorité au Sénat depuis la rentrée parlementaire.

Le repos dominical reste la règle mais les dérogations sont élargies et différenciées entrainant des débats sur l'égalité de cette mesure et son      efficacité.

La loi ne proclame pas la généralisation du travail le dimanche: le repos dominical reste la règle. Mais les dérogations à ce principe sont élargies. Pour exemple, nous citerons les deux dispositions les plus controversées. Premièrement, dans les zones touristiques ou thermales, tous les commerces pourront ouvrir le dimanche et cette ouverture sera de droit (sans compensation pour les salariés et sans volontariat). Deuxièmement, dans les agglomérations, où les PUCE ("périmètres d'usage de consommation exceptionnel") sont créées, le travail dominical sera possible mais sur la base du volontariat des salariés et d’une contrepartie salarial.

Les débats autour de cette loi sont nombreux. D’un coté, l’inefficacité économique, la rupture du principe d'égalité inhérent à notre régime (différentes catégories de salariés sont créées suivant leurs localisation géographiques), la destruction des fondements de notre société, des valeurs familiales et des acquis sociaux qu’amèneraient cette loi sont dénoncées.
 
De l’autre, on se félicite de la plus grande protection des salariés par la régularisation de situations existantes, de la modernisation du pays plus travailleur, productif et donc connaissant une plus forte croissance
qu’entraineraient ce changement.

Ce sont donc deux symboles et leurs antithèses qui s’opposent dans les discussions autour de cette loi : d’une part l’image d’une France solidaire décomposée par cette loi pour devenir individualiste et égoïste. D'autre part celle d’une France productive et moderne qui se bat contre les freins d’une France retardée et irréformable.


Dans les deux camps, chacun ménage la chèvre et le chou pour faire gagner ses arguments sur le plan des idées: certains socialistes et hommes de gauches se font - après avoir plusieurs fois crié au cléricalisme depuis le début du quinquennat - les défenseurs du droit des catholiques à leur sacro-saint « septième jour » de repos et les apôtres des valeurs familiales. Des parlementaires de la majorité défendent la protection que cette loi apporterait aux salariés sans s'émouvoir de la possible remise en cause de certaines valeurs due à cette loi.

L’adoption de cette proposition se fait donc bruyamment.  Bien normal si l’on considère le sujet. Mais ne ferait-elle pas beaucoup de bruit pour rien ? C’est du moins ce que nous pourrions considérer si nous étions dans les petits papiers du Conseil Constitutionnel. Ce débat passionné se transforme en ersatz sans conséquence si l’on considère la probabilité importante de censure du Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité. L’avenir nous dira si nous avons eu affaire à une véritable question de société ou à un sketch politicien dans lequel chacun a joué son rôle à merveille.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:39
Par Jeanne Bonnemay

À l’occasion du festival international de la publicité qui s’est déroulé à Cannes du 21 au 27 juin, Act responsible1 a présenté sa nouvelle affiche choc sur la protection de l’environnement : une petite fille pendue dont les pieds touchent encore un iceberg, mais pour combien de temps ?


L'utilisation du personnage de l'enfant pour créer une solidarité générationnelle

L’enfant, personnage central de cette affiche, mais également de nombreuses autres campagnes sur l’environnement, n’est pas mis en scène innocemment. Cette utilisation, souvent chargée d’une «violence symbolique» forte peut s’expliquer par une volonté de replacer dans un temps humain les problèmes environnementaux.
En matière d’environnement, les conséquences prévues des actes présents ne paraissent pas se réaliser à l’échelle d’une vie humaine. La tentation d’un « après moi le déluge» peut donc être forte. Le personnage de l’enfant permet de contrer cette indifférence pour créer une solidarité générationnelle qui renverrait à la célèbre phrase de Saint Exupéry : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents nous l’empruntons à nos enfants».

Violence et tension au coeur des campagnes environnementales

Cette utilisation de la figure de l’enfant engendre cependant une tension et une violence considérable car elle culpabilise le récepteur de l’image. Quoi de plus choquant que cette petite fille, bientôt et inévitablement pendue, que ces enfants interrogeant l’adulte sur leurs vies futures (campagne du Grenelle de l’environnement)?
Le récepteur observe une «mort annoncée», celle d’une petite fille ou celle d’une planète qu’on laisse fondre («Ice cream», WWF, VVL BBDO, Bruxelles).  Pourtant, aucune solution ne lui est donnée pour éviter ce drame. Ces campagnes générales ont pour ambition de frapper les esprits pour sensibiliser, pour culpabiliser aussi, mais sans jamais apporter de solutions pratiques.


La violence et la peur sont-elles nécessaires- et nécessairement efficaces- dans une campagne autour de l'environnement ?

Si la peur et le choc semblent être des moyens valables de toucher le public, s’interroger sur la réelle efficacité de ces registres paraît légitime: la violence ou la peur sont-elles nécessaires - et nécessairement efficaces - dans une campagne autour de l’environnement? L’angoisse ressentie devant une campagne de communication ne peut-elle pas entraîner le déni, le détournement du problème pour calmer l’anxiété ?
L’utilisation de la peur n’est-elle pas efficace uniquement si, outre la démonstration du risque, l’existence et la simplicité des moyens pour s’en prémunir sont soulignées?

Faut-il choquer pour responsabiliser?

La campagne de l’opération «faisons vite, ça chauffe» (campagne d’affichage et site internet, TBWA Corporate et Typhon SAS) répond à ce questionnement: elle relève des problèmes concrets et apporte, avec un graphisme enfantin, des solutions pragmatiques à la difficulté soulevée. Il s’agit donc non pas de sensibiliser le public mais de lui inculquer les bonnes pratiques, de l’éduquer. L’intérêt de chacun, notamment économique, à réaliser les actions prescrites est ciblé. L’action est donc placée au centre de la communication mais en infantilisant l’acteur et en flattant ses intérêts individualistes et égoïstes. Il pourrait donc y avoir une tentation à la déresponsabilisation du public sur les problèmes environnementaux en écartant les grandes problématiques pour ne retenir que des points précis qui touchent le récepteur dans sa vie quotidienne.


Enfin, un dernier type de campagne peut retenir l’attention, celui qui détourne les campagnes moralisatrices autour de l’environnement. C’est le cas des affiches actuelles de la mairie de Paris Paris est notre environnement, protégeons le !- qui jouent sur le registre de l’environnement comme sujet primordial dans l’opinion. Cette campagne part du postulat que la sensibilité à l’avenir environnemental de la planète est réelle pour détourner cet intérêt vers l’environnement urbain et proche, dans cette campagne celui de Paris.



D’Act Responsible à la mairie de Paris, le point commun de toutes ces campagnes demeure cependant d’interroger le public sur sa responsabilité pour le faire changer de comportement.


1Act Responsible est une association suisse regroupant des acteurs de la communication et des médias
de différentes nationalités et qui milite en faveur du développement durable et de la communication responsable. Act Responsible est subventionnée par de nombreuses organisations publiques ou privées dont le ministère de l’environnement français. Dans le cadre du festival international de la publicité de Cannes, Act responsible propose depuis 8 ans des expositions qui retracent les différentes campagnes « responsables » réalisées durant l’année écoulée.
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 16:40

par Carole Massias


Aujourd’hui, les villes françaises, inscrites dans un processus de métropolisation développent des dispositifs de communication de plus en plus sophistiqués pour affirmer une identité culturelle en mutation accélérée.
La métropole Marseille-Provence, élue capitale européenne de la culture pour 2013, est un parfait exemple de l’utilisation active d’un dispositif innovant au profit d’un territoire en construction : la web TV.



Une importante mobilisation des web TV marseillaises au service des objectifs de Marseille-Provence 2013


Qu’elles soient associatives ou individuelles, officielles ou non officielles, il existe sur la toile une multitude de web TV valorisant Marseille et sa culture. Et pourtant, cette mise en lumière n’est pas une mince affaire étant donné les forts manques que cette ville devrait combler d’ici 2013 (cf. dossier de candidature, p.201): rejet en masse par les marseillais du projet de constitution européenne, ce qui leur confère une image de « mauvais européens » ; activité culturelle faible ; chômage et délinquance élevés ; vétusté urbaine ; faible maillage des transports en commun.

Toutefois, les atouts et le potentiel culturel de Marseille sont nombreux (cité cosmopolite, cadre et climat exceptionnels, cultures marseillaise et méditerranéenne fortement ancrées etc.). Le soutien de l’Union européenne depuis 1995 a de plus permis le développement de nombreuses actions sociales, une requalification urbaine, une baisse du chômage et de la délinquance, un renforcement du lien social…

Le projet Marseille-Provence 2013 est une excellente opportunité pour permettre à ce territoire de mettre à profit ces grandes actions entreprises depuis bientôt 15 ans. Les exigences du projet étant de créer un rayonnement européen et international de la métropole, d’enclencher des effets durables (préparation de l’après 2013), d’en faire un projet citoyen (implication de l’habitant) et d’œuvrer pour le renouveau du territoire, il est intéressant de constater l’importante mobilisation des web TV se mettant au service de ces objectifs.



L’association « Marseille-Provence 2013 » fondée en 2007, par la ville de Marseille et par Marseille-Provence Métropole et en charge de la mise en œuvre et de la promotion du projet est dirigée par Bernard Latarjet, ancien conseiller de Jack Lang. Son conseil d’administration est composé de différentes institutions : ministère de la culture et de la communication, collectivités territoriales, établissements publics, monde économique, et universités.

Communiquer ensemble !


Pour l’équipe communicante de « Marseille Provence 2013 », l’important est de considérer la communication dans son sens premier qui est de « partager », de « participer à quelque chose ». Communiquer est une manière d’être ensemble, de mettre en commun des idées et des personnes.

La communication de Marseille 2013 est construite principalement sur une approche participative dans laquelle les actions de mobilisation sont particulièrement privilégiées

C’est pourquoi la communication de Marseille 2013 est construite principalement sur une approche participative, encouragée par la pratique et dans laquelle les actions de mobilisation sont particulièrement privilégiées.
 


Donnant la priorité aux
médias numériques (création en 2008 de 2.013 Médialab, un projet média culturel participatif dans le prolongement du blog 2.013.) l’équipe communicante du projet, encourage toutes sortes d’initiatives de professionnelles et d’amateurs, pour la création de web TV au service de la capitale culturelle.

Pour ne citer que quelques exemples…


Mativi-Marseille, mise en œuvre par Jacques Hubinet, réalisateur, directeur des « Films du Soleil » et… fils du chef machiniste de Marcel Pagnol, reprend globalement les grands objectifs du projet européen. Il donne avant tout la parole aux marseillais à travers des interviews de personnalités, de professionnels et d’habitants et leur permet d’exprimer leurs espoirs pour l’avenir de leur ville.
La web TV associative TV2013 en partenariat avec le Réseau marseillais reprend les grandes orientations de Marseille 2013 sous un angle humoristique.

D’autres TV associatives sur la toile, sont quant à elles entièrement « éditorialisées » par les habitants des quartiers  dans le respect des règles en vigueur mais dans une liberté absolue d'expression.: Cinq et Six , 2 mars TV, Tabasco Vidéo,  O2zone TV … revendiquent une utilité sociale, culturelle, économique et démocratique.

La fierté qu’ont les habitants de la métropole d’appartenir à la culture Marseillaise se ressent sur la toile. Certains marseillais même participent au rayonnement international de la capitale européenne de la culture, en valorisant l’image de la France toute entière. Emmanuel Josselin, étudiant à Sciences Po Aix-En-Provence, a crée sa propre web TV, Manu-TV. A travers une série de reportages vidéo, ils invitent les français à redécouvrir leur pays en découvrant le Québec.



Marseille-Provence 2013 représente 130 communes, 2.253.000 habitants, 10 millions de touristes par an, 400 millions d’euros pour la culture. Elle s’étend sur un territoire géographique de 4600 km2 et son territoire numérique ne cesse de s’étendre grâce aux web TV qui fleurissent à vue d’œil sur la toile. La forte mobilisation des habitants dans la promotion de leur territoire, à travers ce média semble être le signe que la communication participative et citoyenne est belle et bien enclenchée !


Marseille-Provence 2013 : Décryptage avec Bernard Latarjet


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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 16:52

par Justine Toqué




Début avril, arrivée du RER B dans la jungle d'autoroutes grises et d'odeurs de carburant de la Plaine Saint Denis. Pourtant, si l'on cherche bien, on trouve l'Usine, petit havre de paix au milieu de ce décor catastrophe.  De nombreux intervenants et exposants se sont donné rendez-vous dans ce lieu événementiel symbolique du commerce équitable pour participer à la première rencontre de la communication à valeur humaine ajoutée dans le cadre de la semaine du développement durable.

 


 

 

Faire avancer concrètement le secteur de la communication dans le développement durable 


L'objectif de cette rencontre : familiariser les auditeurs avec les trois volets du développement durable (économique, social et environnemental) et proposer aux visiteurs des solutions concrètes pour organiser des événements éco-socio-responsables. Les conférences se sont tenues autour d'une question centrale : comment intégrer les collectivités territoriales aux nouveaux enjeux environnementaux et sociaux auxquels elles doivent aujourd'hui faire face? Il s'agit de les préparer à relever le défi de la communication socialement responsable, qui consiste à comprendre et traduire en actes concrets les nouvelles attentes sociétales et environnementales de la société.

Les exposants, représentants d'entreprises ou d'institutions, offraient des pistes de réflexion et de bonnes pratiques à suivre. Nous retiendrons ici une intervention d'Hélène Furnon-Petrescu, qui travaille à la direction du développement économique et de l'emploi à la mairie de Paris. Elle insiste sur l'idée que les collectivités territoriales se sentent très concernées par la démarche d'une communication responsable, qui se présente comme une nécessité à moyen et à long terme. 


 Communiquer socialement responsable, c'est comprendre et traduire en actes concrets les nouvelles attentes sociétales et environnementales de la société. 

Aujourd'hui, on sait que le consommateur-citoyen est de plus en plus demandeur d'éthique et de préservation environnementale. Pour une collectivité aussi importante que la ville de Paris, dont l'objectif premier est de satisfaire l'intérêt général et de répondre à des besoins réels, il est donc primordial d'insérer progressivement ces pratiques à sa stratégie de communication et à sa politique générale. Cela s'inscrit dans un souci d'efficience de l'acteur public et dans une  volonté de montrer l'exemple aux autres collectivités territoriales.

Greenwashing

Mais gare aux belles paroles et attention à ne pas tomber dans les pièges faciles du développement durable. Si tout le monde en parle, peu d'entreprises ou d'institutions passent vraiment à l'action...ou se donnent bonne conscience en se rattachant à la caricature verte du développement durable.

Les organisations s'attachent plus à valoriser leur image écologique responsable à travers la publicité verte qu'elles n'agissent concrètement en faveur de l'environnement.


On appelle ça le Greenwashing, ou "blanchiement idéologique". Ce phénomène décrit les efforts mis en oeuvre par les organisations pour se donner une image écologique responsable auprès de l'opinion publique. Or, elles investissent plus d'argent dans la publicité verte qu'elles ne prouvent leur engagement réel en faveur de l'environnement. Si toutes les publicités ne sont évidemment pas malhonnêtes, il y en a certaines dont il faut se méfier. La pratique illusoire du Greenwashing  diffuse en effet une mauvaise information et trompe les consommateurs. Un exemple de Greenwashing? La récente autoroute A19 baptisée "éco-autoroute" par le groupe Vinci en juin 2009. Inutile de préciser l'ironie de cette appellation quand on sait que le propre d'une autoroute est de permettre la circulation de véhicules d'où proviennent d'importants rejets de gaz à effet de serre. Une tentative ici de rendre "vert" ce qui ne peut pas l'être...
Promouvoir le développement durable autrement que dans ses stéréotypes, telle est la mission actuelle des collectivités. Et voici quelques propositions concrètes pour commencer à y penser...

 
Faire appel à des prestataires engagés pour passer à l'action


Au-delà des contenus que vous devez inventer et du message que vous voulez faire passer à travers vos actions de communication, l’attitude que vous allez adopter est importante. Des prestataires engagés avaient dressé leurs stands  dans le "Market place" de l'Usine début avril. Ils  peuvent vous aider de façon simple et convaincante !

 

 Les prestataires de l'économie sociale et solidaire peuvent vous aider à améliorer la qualité de vos services socialement responsables et durables tout en maîtrisant vos coûts.

 

 

Faites appel aux services de Nouvelle Attitude pour recycler vos papiers de bureau, utilisez les stands et mobilier en carton d'Assistance Event pour vos événements, voyagez avec les voitures propres d'Alterauto, faites des buzz sur internet avec les drôles de vidéos en carton et papier recyclé de Crafty in motion, ou faites connaître les saveurs de la cuisine bio-équitable du traiteurTé Ethique! Les acteurs de l'économie sociale et solidaire vous permettront d’améliorer la qualité de vos services socialement responsables et durables tout en maîtrisant vos coûts. Alors, collectivités, n'hésitez plus...agissez ! 


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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 15:07

L’agence IDcommunes et l’institut d’études CSA, en partenariat avec Cap'Com, lancent le baromètre de la communication locale 2009, premier en son genre, destiné à mesurer le rapport des Français à cette communication.  Quelles conclusions ressortent de cette étude ? Quelles applications pouvons nous en faire ?


Quel rapport les Français entretiennent-ils avec la communication locale? C’est à cette question, essentielle pour tout responsable de communication locale, que tente de répondre l’étude.


Ce baromètre de la communication locale - réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus - se propose de brosser un portrait de la communication locale, de mesurer les pratiques, l’intérêt et l’impact de la communication locale et de ses supports à l’échelle des communes, des intercommunalités, des départements et des régions.


Une demande de communication locale perçue comme utile à tous les niveaux malgré une méfiance toujours présente.

Contre toute attente, la communication locale n’est pas perçue par les Français comme un gaspillage. Leur demande de communication est forte : à la question « pensez-vous que dans votre commune, d’une manière générale, il y a trop de communication, pas assez de communication ou ni trop, ni pas assez de communication ? » 36% d’entre eux estiment qu’il n’y a pas assez de communication, contre seulement 2 % qui pensent qu’il y en a trop, 60 % estimant que le juste milieu est atteint. 



Cette exigence de communication se porte sur tous les niveaux de collectivités territoriales, les mal aimés de
s élections n’étant pas en reste : l’actualité de chaque collectivité intéresse au minimum 83% des sondés et 62% des Français sont intéressés par l’actualité des 4 types de collectivités territoriales, même si les communes, avec 93% d’intéressés, demeurent le centre de préoccupation principal des Français en matière de collectivité territoriale.
 
Les Français perçoivent fortement l’utilité de la communication locale (83% tout à fait ou plutôt utile) et son application dans leur vie quotidienne. L’information locale leur offre des renseignements profitables sur les services publics, l’actualité, les grands projets de territoires. Cette satisfaction des Français ne se retrouve cependant pas dans tous les domaines et la communication locale demeure source de méfiance. Elle ne parvient pas à donner le sentiment que les élus sont proches des préoccupations des Français. Ces derniers estiment de plus que l’information est insuffisante sur les budgets, les dépenses publiques – deux sujets hautement politiques et polémiques - alors qu’en ces temps de crise, l’inquiétude des Français sur l’argent public ne fait que croître. La répartition des rôles entre les collectivités territoriales, véritable serpent de mer de l’organisation administrative française, n’est également pas clairement appréhendée.

la communication locale participe à la valorisation du territoire et au quotidien des habitants mais possède un faible impact sur la participation des citoyens à la vie publique locale.

Il ne semble donc pas anormal que la communication locale participe à la valorisation du territoire et au quotidien des habitants (image positive du territoire, changement d’habitude, information sur l’actualité du territoire) mais possède un faible impact sur la vie publique locale et la participation des citoyens à cette dernière. 
Elle reste très en retrait sur la compréhension de la vie politique locale (54% des sondés), la proximité des élus ou l’incitation à la participation des citoyens (46% des sondés). Ce constat d’insuffisance peut être relié au manque de transparence  décelé par les citoyens, sans doute d’autant plus mal perçu que la communication touche des sujets politiques.

le support papier plébiscité malgré  l'attrait des jeunes et des urbains pour les  nouveaux outils

Le support papier reste plébiscité par  89% des répondants (personne n’y voit aucun intérêt). Les supports Internet sont également largement appréciés des Français, 77% y trouvent un intérêt. Toutefois 15% n’y voient aucun intérêt, preuve que les nouveaux outils ne sont pas encore totalement ancrés dans les pratiques des Français.
Plus en détail, il est notable  de constater que les habitants des collectivités rurales et les personnes âgées ont davantage recours aux modes d’information directs (événement locaux, relations interpersonnelles avec les élus et les autres habitants, réunions publiques) et aux outils de communication « traditionnels ».
À l’inverse, les habitants des zones urbaines et les jeunes utilisent plus les modes d’informations liés aux nouvelles technologies. C’est également le cas des membres des CSP+ à l’inverse des membres des CSP- qui regardent plus les chaines régionales et les journaux gratuits pour s’informer.

Ce baromètre renouvelé tout les 2 ans devrait permettre aux communicants territoriaux d’évaluer l’efficacité de leurs actions sur l’information et l’opinion des habitants.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 11:40
par Magali Grange

Le 19 mai dernier, la ville de Roubaix (dans le Nord) a lancé un site Internet coloré exclusivement consacré à son projet de rénovation urbaine (PRU) : http://renovation-urbaine.ville-roubaix.fr. Objectif : permettre aux habitants de mieux comprendre et de suivre l’évolution de ce grand chantier.



L’information peut paraître banale, pourtant encore peu de collectivités concernées par des PRU dédient un site web à leur projet, se contentant de quelques pages sur leur site officiel. Roubaix est parmi les premières, rejoignant Lille ou encore le Grand Nancy. Il faut dire qu’avec 60% des Roubaisiens touchés, près de 50% du territoire concerné et 285 chantiers réalisés d’ici à 2012, l’institution se doit de ne pas louper le coche et de communiquer efficacement vers ses administrés. Quelle évaluation peut-on alors faire de ce site ?

Suivre l’actualité du PRU au jour le jour

Ce qui fait l'originalité de ce site c'est la volonté affichée de le mettre à jour régulièrement, sinon quotidiennement.

Ce q
ui fait l’originalité de ce site c’est la volonté affichée de le mettre à jour régulièrement, sinon quotidiennement, puisque pour l’adjoint à l’urbanisme de Roubaix, Pierre Dubois, il s’agit d’informer « en temps réel »1. L’idée est aussi de permettre aux habitants de « se repérer dans le temps face à des projets qui s’étalent sur plusieurs années »2.

S’ajoute une vocation pédagogique sur le PRU, loin d’être superflue, destinée à favoriser l’appropriation et la projection des habitants pour Virginie Perchenet, chargée de communication s’occupant du site Internet. Cela se traduit notamment par la présence d’un lexique et un effort de vulgarisation des termes de l’urbanisme, la présence de vidéo reportages sur les temps forts du projet, une carte et un calendrier interactifs de l’ensemble des opérations. L’internaute dispose ainsi de multiples entrées sur le projet.


 
La concertation en ligne, pour le moment, oubliée
Un slogan prometteur « Roubaix fabrique des idées neuves » et les obligations concernant la concertation avec les citoyens imposées par l’ANRU (Agence Nationale pour la rénovation urbaine), auguraient une multitude d’innovations en matière d’échange. Mais, si les internautes disposent d’un formulaire de contact, ils n’ont pas encore accès à un blog ou tout autre espace pour laisser leurs commentaires.

Les villes sont encore
(dans leur ensemble) frileuses
lorsqu'il s'agit de laisser la parole
 aux habitants sur Internet


Pourtant, les PRU, souvent synonymes de démolitions et générateurs de bouleversements urbains, ne laissent généralement pas indifférents. Or les villes sont encore (dans leur ensemble) frileuses lorsqu’il s’agit de laisser la parole aux habitants sur Internet, en particulier sur des sujets aussi sensibles. Trop souvent, la concertation ne reste qu’un vain mot !

Cette question est toutefois à l’ordre du jour de la ville de Roubaix via le projet « Roubaix numérique » qui consiste en une réflexion globale sur les usages et la manière de favoriser une plus grande interactivité avec les habitants, notamment via la création d’espaces de dialogue. Dès lors que ce projet se concrétisera, le site du PRU de Roubaix en bénéficiera. Rendez-vous est donc pris dans les mois à venir pour suivre cette initiative véritablement innovante !

1 Extrait issu d'un article de Nord Eclair paru le 20/05/09
2 Extrait issu d'un article de La Voix du Nord paru le 20/05/09


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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 17:45

par Magali Grange


Le 29 juin 2009 s’est tenu le colloque Cap’ com «Marchés publics de communication : restaurer la confiance et la performance», avec pour ambition de dresser un panorama des interrogations et des difficultés rencontrées, mais aussi de tordre le cou aux fantasmes de la commande publique.

 


De nombreuses questions ont été abordées : la réalité des marchés de communication sur les plans juridique et statistique (ce qui se résume, dans ce cas, à une absence criante de données), la spécificité des marchés de communication, la place des services communication au sein des collectivités, etc. Mais ce sont les questions d’ordre éthique qui ont généré le plus de débats (et de tensions), les attentes des agences vis-à-vis des collectivités, et vice-versa, étant fortes.

Vers une plus grande transparence

Les marchés publics de communication donnent lieu à des pratiques courantes qui, sans être systématiques, sont anormales, voire illégales, mais l’envie de développer les bonnes pratiques est tout aussi réelle. Reste à trouver un consensus.

Certaines pratiques ne dépendent que de l’honnêteté des collectivités et des agences. Côté collectivités, il y a les marchés dont le gagnant est connu à l’avance et les consultations abandonnées en cours de route, qui monopolisent inutilement le temps et l’énergie des prestataires.
Le « saucissonnage » est aussi une tendance. Il s’agit d’une division délibérée, et totalement illicite, d’une commande en plusieurs autres pour être au-dessous du seuil des 20 000€ qui contraint à recourir à un marché public. Pour Benoît de Laurens (agence Lowe Strateus), l’objectif est d’aller le plus vite possible en subissant un minimum de contraintes, « raccourcissement du temps » qu’il identifie comme un tournant.


Il a pu être reproché aux agences de faire des propositions d'un niveau très faible, prenant les collectivités pour des "imbéciles".

Côté agences, notons une propension au dumping qui fausse la concurrence ou à l’inverse au gonflement des prix pour atteindre le plafond de l’enveloppe budgétaire dès lors qu’elle est indiquée (ce qui conduit les collectivités à hésiter à dévoiler cette information). Il a pu également leur être reproché de faire des propositions d’un niveau très faible, prenant les collectivités pour des « imbéciles ».


D’autres pratiques font davantage débat. Idéales sur le papier, elles se heurtent parfois durement à la réalité. Premier point d’achoppement, l’indemnisation des perdants qui reste rare, alors qu’un travail de plusieurs jours a été fourni, notamment pour proposer des réalisations graphiques, qui peuvent être de véritables maquettes. Comment fixer le montant d’un tel dédommagement ? Certaines collectivités, en particulier les plus petites, n’auraient pas les moyens de payer même la plus petite somme, à moins peut-être de la prévoir dans le budget initial de la commande. Une autre solution consisterait à faire des demandes mieux proportionnées, ne nécessitant pas d’exemple graphique. Mais comment juger ?

Nombreuses sont les décisions prises sur le mode "J'aime"/"J'aime pas" par les élus, faisant fi des recommandations de la commission d'appel d'offre.

Les critères de choix du vainqueur font eux aussi l’objet de mésententes. Nombreuses sont les décisions prises sur le mode « jaime »/« j’aime pas » par les élus, faisant fi des recommandations de la commission d’appel d’offre. Toutefois, l’élu dispose de la légitimité que lui confère son élection et doit être capable de soutenir son choix. L’idéal serait alors qu’il valide le cahier des charges, mais en a-t-il seulement le temps ? Il est de manière générale frustrant de ne pas connaître la cause de sa défaite. Les prestataires sont en droit de demander les comptes-rendus d’analyse des offres et de la commission d’appel d’offre, dans la mesure où cela n’entrave pas le droit à la propriété intellectuelle, mais il est encore difficile d’obtenir de tels documents.

Essayant de prendre le taureau par les cornes, Angers élabore à l’heure actuelle une charte des marchés publics créatifs, réunissant les acteurs concernés, pour partager les pratiques vertueuses à l’échelle de la région.

Un besoin d’échange strictement encadré par la loi

Parce que les objectifs et les enjeux d’une commande ne sont pas toujours lisibles (ni conscients) dans le cahier des charges, échanger est une nécessité. Echanger entre commanditaires et prestataires, mais aussi entre service communication et service des marchés. Des tentatives dans ce sens se font déjà jour, mais leurs initiateurs ignorent parfois qu’elles sont interdites ou à la limite de la légalité. La présence de Maître Guillou a permis de lever le voile sur la question.

Ce sont sans doute les marchés à procédure adaptée qui laissent aux acteurs la plus grande marge de manoeuvre.

Ce sont sans doute les marchés à procédure adaptée qui laissent aux acteurs la plus grande marge de manœuvre. Variations sur le thème : appel à candidature - sélection de candidats - transmission du cahier des charges ; dossier de candidature comprenant une notre d’intention de 2 pages - sélection de candidats - entretien collectif ; cahier des charges succinct - sélection de deux candidats - appel téléphonique pour discuter du projet et des prix, etc.


Bien qu’intéressants deux de ces trois exemples sont proscrits pas la loi. Méthode courante en Italie et aux Etats-Unis, l’entretien collectif n’est pas permis en France car il est considéré comme un « nid à ententes ». Les offres doivent rester anonymes et confidentielles. Quant aux appels téléphoniques, ils sont ou non les bienvenus selon l’avancée de la procédure. Dans tous les cas, négocier les prix à la baisse est défendu.


Des progrès sont encore à accomplir pour que les principes de transparence et d'égalité des participants soient effectifs

La procédure de dialogue compétitif favorise également les échanges entre le commanditaire et le prestataire. Procédure élaborée en partenariat avec les agences, elle permet aux deux parties de se jauger et d’éviter les réponses « à côté ». Il s’agit néanmoins d’une procédure lourde et coûteuse, qui reste dérogatoire : pour qu’elle soit valide il faut que la collectivité sache ce qu’elle veut sans savoir comment y parvenir.

Des progrès sont encore à accomplir pour que les principes de transparence et d’égalité des participants soient effectifs concernant l’ensemble des marchés de communication. Mais les procédures se sont déjà perfectionnées et les initiatives telles que le Livre blanc que publiera Cap’ com à la rentrée laissent augurer des changements en ce sens. 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 18:20
Après avoir été classé parmi les meilleurs blogs de l’année par Stratégies, blog-territorial revient dans le célèbre magazine en première place ! C’est non moins que la couverture du magazine que nous partageons avec 5 autres blogs… plus précisément la sur-couv publicitaire…

Voilà notre petit moment de gloire retombé… Oui, c’est pour une publicité… Pas de quoi pavoiser… Vraiment ? Laissez-nous remettre notre rubrique délibérément narcissique à jour, vous comprendrez.



C’est donc avec surprise, et un certain temps pour réaliser que oui, c’était bien nous sur la couv (bon d’accord surcouv), que nous tenions le magazine Stratégies en mains. Stupéfaction, splendeur et le regard se porte sur le mot "publicité". Bon… Mais c’est déjà pas si mal !



Un courrier électronique émanant de la plateforme Overblog vient éclaircir ce mystère et redonner foi à notre joie du moment. C’est parmi 1 200 000 blogs que les 6 lauréats ont été choisis pour représenter et illustrer les propos d’Overblog. Et nos camarades sont :

-    Le blog de TvNews
-    Le blog de Luciano
-    Le blog de Gigistudio
-    Le blog d’InbedwithKinoo



L’info à tous points de vue…

6 blogs dynamiques, différents les uns des autres, traitant l’information chacun à sa manière et sur des thèmes très variés.






Merci à Overblog pour cette belle surprise, et comme nous sommes dans la rubrique "narcisse" :

 
Vive nous !




 
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 13:52

par Jeanne Bonnemay


Après l’initiative du maire d’Asnières-sur-Seine et de son blog sur la ligne 13 du métro, c’est une nouvelle forme de concertation publique que nous offrent les mairies de Clichy sous Bois et de Montfermeil dans le cadre du projet de débranchement de la ligne 4 du tramway vers ces deux villes: un blog untramwaynommedesir.com - a été créé sur le sujet, adossé à un site plus institutionnel, leT4cheznous.fr.

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Un appel à la participation citoyenne pour dégager les grandes tendances de l'opinion, mobiliser la population et soutenir le discours officiel

C’est un véritable appel à la participation des citoyens qui est lancé dans un contexte de bataille politique autour de ce dossier : 7 tracés différents sont proposés, aucun ne fait l’unanimité parmi les villes concernées, ce qui entraîne le blocage de ce projet pourtant à l’étude depuis de nombreuses années.

L’objectif de ce blog n’est pas véritablement d’apporter une information institutionnelle mais bien plus de dégager les grandes tendances de l’opinion, de mobiliser la population et de soutenir le discours officiel, en vue d’une consultation organisée par le STIF entre le 1 septembre et le 15 octobre et qui devrait déboucher sur une prise de décision définitive.

Une opération de lobbying au service des collectivités ?


La campagne lancée par les deux maires de Clichy-sous-Bois et Montfermeil ne parait donc pas très éloignée d’une opération de lobbying. L’ouverture de cet espace d’expression des citoyens répond à un enjeu, la concertation du STIF, avec un objectif, obtenir le débranchement souhaité vers Clichy-Montfermeil, et un moyen de pression, une opinion mobilisée par le plan de communication, comprenant le blog.


Avoir derrière soi, dès le début de la concertation, une population mobilisée, déjà au fait des tenants et des aboutissants du projet et ayant exprimé ses positions sur le blog ne peut être qu’un atout pour les deux villes. De plus, la parole recueillie aura également pour but d’apporter de l’eau au moulin des maires de la communauté de Clichy-Montfermeil : elle leur permettra de démontrer le bien fondé de leurs arguments, exemples concrets à l’appui, notamment pour ce qui concerne les problèmes d’enclavement des deux villes et les difficultés de transport actuelles.


L’originalité de cette opération, par rapport à une campagne de lobbying classique, réside dans le fait que deux collectivités en soient à l’origine - et non un groupe d’intérêts privé – pour défendre les intérêts supposés de tous leurs membres.

Tous sont invités à s’exprimer lors de cette campagne, qu’ils soient ou non usagers des transports en commun, du tramway, habitants de Clichy-sous-Bois, de Montfermeil ou d’une ville déjà desservie par le T4… Lancer le débat hors des organisations institutionnelles et créer un buzz pour construire un rapport de force, telle semble la raison d’être de ce blog.

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 18:00

par Patrick Lamarque


Après "Il y a urgence à bloguer", nous publions ici quelques belles feuilles de la mise à jour du livre "Le blog territorial, nouvel enjeu de la communication locale" dont est tirée cette nouvelle préface.



Les techniques émergentes ne chassent pas les précédentes. Elles en complètent le paysage en lui ajoutant une strate nouvelle, colorée par leur propre logique. Ces temps-ci, on mesure combien l’Internet est désormais installé comme une évidence. Mais, dans le même mouvement, nous le voyons muter profondément sous nos doigts agiles.





Je fais référence, évidemment, à la lame de fond du web 2.0. Elle modifie radicalement notre rapport à l’outil Internet. Plus question de le limiter à la recherche d’informations ou à sa fonction de centre commercial à domicile. Nous nous en servons, de plus en plus, comme d’un moyen d’échange. Autrement dit, après l’explosion de la blogosphère et avec l’émergence des Facebook et autres Twitter, ce média change de nature : d’asymétrique, il devient rapidement symétrique.



Internet n'oppose plus d'un côté les informateurs et de l'autre les informés, mais chacun devient simultanément les deux dans une relation dialogique qui s'incrémente d'elle-même


Il n’oppose plus d’un côté les informateurs et de l’autre les informés, mais chacun devient simultanément les deux dans une relation dialogique qui s’incrémente d’elle-même. C’est ce ping-pong électronique qui crée l’effet buzz auquel chacun est justement attentif. Avec une conséquence majeure pour la démocratie, puisqu’il deviendra inévitablement un lieu central de la structuration des opinions obligeant à une rénovation des métiers d’influence et des stratégies institutionnelles.


Tous leaders

On l’a vu à l’occasion de la campagne sur la constitution européenne : alors que, des politiques aux journalistes en passant par les chefs d’entreprises, les puissants comme les savants exprimaient leur accord sur le projet présenté à référendum, un certain nombre de sceptiques commencèrent à s’exprimer sur la toile. Petit à petit, ils coagulèrent une opinion inquiète, avec laquelle ils se trouvaient en phase. Dans le plus grand mépris des précédents. Et l’on a constaté le résultat.


Une contre-expertise accompagnant les débats de société (...) puissante parce que collaborative.


Ainsi a émergé sur ce médium libre, ouvert et bon marché, une contre-expertise accompagnant les débats de société (CPE, intermittents du spectacle…). Citoyenne ou pas, c’est une question d’avis personnel. Experte ou non, difficile de le savoir car on ignore qui parle. Mais, en tout cas puissante parce que collaborative. D’ailleurs, ces réseaux en perpétuelle reconstitution son techniquement appuyés par Google, qui valorise l’information par les liens qui pointent vers elle.

Leur impact réside aussi dans la rapidité de leur prise de parole. Il ne se passe pas un événement sans qu’apparaissent, une à deux heures plus tard, une vidéo sur Dailymotion ou sur YouTube, aussitôt commentée et reprise de blog en blog. Ainsi se mettent en place de véritables dynamiques d’opinion, non plus sur une base hiérarchique mais selon un dispositif affinitaire.

Qui est leader dans ces communautés ? Qui lui confère sa crédibilité et son influence ?


Toutes ne sont pas importantes : la dernière frasque de Paris Hilton n’a certainement pas le même poids, indépendamment du nombre de reprises, que l’expression ou le geste malheureux d’une personnalité politique. Mais certaines connaissent un réel succès comme cette chaussure lancée à la figure de Georges Bush par un journaliste iranien, qui fit exploser les ventes du fabricant turc de la dite godasse et acheva de ridiculiser le président sortant.


Pour le communiquant, les principales questions qui se posent alors sont celles-ci : qui est leader dans ces communautés ? Qui, en relayant largement une information, lui confère sa crédibilité et son influence ?


Le processus du tri sélectif

Pour l’émetteur qui cherche à acquérir de l’influence sur une thématique, l’essentiel consiste à créer autour de lui tout un écosystème qui relaiera ses messages. Car nous nous orientons de plus en plus vers une économie de la recommandation. Si bien qu’il deviendra moins utile d’acheter des bannières accrocheuses et clignotantes et, de plus en plus indispensable de faire recommander ses messages par des personnes crédibles dans leur environnement : fils d’information (flux RSS) social bookmarking, voilà les processus de leadership du temps présent.
                                         





La valeur ajouté la plus précieuse réside dans la qualité du tri des données succeptibles d'intér
esser l'internaute, dans le vaste univers de la toile.


Parce qu’avec l’accroissement « himalayesque » de l’information à traiter, pour l’internaute déboussolé, la valeur ajoutée la plus précieuse réside dans la qualité du tri des données susceptibles de l’intéresser dans le vaste univers de la toile. Être citoyen aujourd’hui c’est trier activement. Ses inputs comme ses outputs.


Ce constat oblige à réévaluer notre vision de la démocratie.


Ce constat oblige à réévaluer notre vision de la démocratie. Elle ne se résume plus dans la confrontation de cavaleries d’idées encadrant des bataillons de militants sur le front rectiligne qui va de la gauche à la droite, mais dans un tourbillon d’émotions, d’avis, d’affirmations venues de n’importe où  pour traverser le tamis de notre raison.

C’est sur cette dynamique-là qu’il s’agit de surfer, pour les politiques et leurs collaborateurs. Autant dire qu’ils doivent se trouver à l’aise dans les hauts comme dans les bas qui secouent l’opinion, en apprenant à dominer les hauts et à repriser les bas.


Retrouvez ces 3 entretiens vidéos avec Patrick Lamarque, publiés l'an passé sur BTV

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Published by Patrick Lamarck - dans Le livre
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Attention, le blog a déménagé!

ATTENTION : vous êtes égarés sur les archives de blog-territorial...
Depuis 2011, le blog a déménagé et a continué sa vie ici :

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