Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 00:34

par Geneviève Truffy


BT PlageDepuis diverses catastrophes écologiques et autres "marées noires", les collectivités et associations locales font tout pour que les plages soient une zone de sable pur et fin... Mais, à vouloir trop bien faire, c'est la nature qu'elles mettent en danger.
 
C'est fait, les touristes commencent à débarquer sur les plages. Pourvu que le temps soit beau ! Depuis plusieurs semaines voire depuis plusieurs mois, les hôtels, les campings et les plages du littoral sont sur le pied de guerre. Dans ce petit tour d'horizon (principalement à l'ouest de l'Hexagone), les diverses collectivités territoriales ont tendance à croire que les estivants veulent des plages extrêmement propres, alors que les enquêtes d'opinions ne corroborent pas ce point de vue. Pour cela, elles n'hésitent pas à ratisser, à tamiser... avec des engins hautement  performants.
 
Photo : F Lamiot - CC AS - Engins de nettoyage des laisses de mer et déchets sur plage
C'est devant ces constatations que le Conservatoire du Littoral vient de lancer un cri d'alarme sur les risques que présentent de telles opérations. En effet, à trop vouloir bien faire, on risque de tuer la nature et cet organisme souligne les méfaits d'une "hyper" propreté des plages.

Photo JM MIROUX - GranvilleIl ne faudrait pas porter atteinte à la "laisse de mer", c’est-à-dire à cette partie de la plage découverte à marée basse. Certes il peut y avoir des détritus, mais il y a aussi quantité de matières organiques indispensables à la pérennité de notre environnement... Il est donc indispensable que les divers intervenants prennent soin de préserver la biodiversité qui fait le charme de notre littoral et il est impératif de conserver les algues, coquillages, petits crabes... qui font la joie de nos enfants. Le conservatoire du Littoral préconise ainsi un certain abandon de la mécanisation.
 
Enfin, il faut savoir que la pêche à pied, passe temps favori en Bretagne, notamment, provoque, elle aussi des dégâts écologiques considérables. Qui, par exemple, n'oublie jamais de remettre les pierres à leur place ? Il faudrait qu'une règle de bonne conduite soit imposée aux ramasseurs...
Repost 0
Published by blog-territorial - dans Planète DD
commenter cet article
10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 00:12

par Isabelle Hache


Petits PrincesL’association Petits Princes, créée en 1987, donne vie aux rêves des enfants gravement malades. En vivant sa passion et en réalisant ses rêves, l’enfant trouve une énergie supplémentaire pour se battre contre la maladie. C’est ainsi que la société Matelsom s’associe à Petits Princes et lance une nouvelle opération : 1000 sourires = 1 rêve.


C’est avec plaisir que je relaie l’information et vous sollicite pour les aider à réaliser le rêve d’un enfant. Le principe est simple et ne prend pas beaucoup de temps. Voyons ce que nous dit Julie Calmier qui a créé un groupe dédié à l’opération sur Facebook.
 
Vous vous emparez de votre appareil photo et vous nous faites parvenir votre plus beau sourire, celui de vos proches, de vos enfants... Il n'y a pas de limite, si ce n'est que nous ne comptabiliserons qu’un sourire par personne. Mais si vous êtes 4 sur la photo, nous en compterons bien 4 (attention s’il y en a un qui fait la gueule ce sera 3... :p).
sourires
Pas d’appareil photo sous la main ? Trouvons une alternative avec une ancienne photo où nous nous efforçons toujours à sourire plus ou moins, une webcam ou pour jouer un peu plus rendez vous sur Cameroid, vous pourrez, si vous le souhaitez, vous rendre totalement méconnaissable, mais laissez votre sourire !


Pour participer à l’opération envoyez vos photos à
cette adresse
La date limite de réception des photos est fixée au mardi 29 juillet 2008.

Il y a donc urgence à sourire !

 
 
Toute l'équipe d'
adverbia se joint à l'opération.
Faites comme nous !

Cela ne coûte rien, un bon moment à passer à sourire pour faire naître d'autres sourires...
 
Isabelle Hache Isabelle Hache
Grégoire Petit
Grégoire Petit
Franck ConfinoFranck Confino
Mélanie NinMélanie Nin
Mélanie GrauxMélanie Graux
Patrick LamarquePatrick Lamarque
Stéphane FavereauxStéphane Favereaux
Guillaume DiardGuillaume Diard  

Vous pouvez aussi nous envoyer vos photos, mais n'oubliez pas le plus important ! C'est bien de les envoyer à l'adresse mentionnée ci-dessus !
 
Merci à Dominique Paulin de se prêter au jeu des sourires !
 
Dominique Paulin
Repost 0
Published by blog-territorial - dans Actualités
commenter cet article
7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 00:56

par Dominique Paulin


cap' comC'est à cette question que le séminaire organisé par le Cap'Com les 12 et 13 juin dernier à Grenoble tentait d'apporter une réponse. L'urbanisme est mal considéré aujourd'hui. Tant du point de vue du chargé de communication que de celui de l'administré, l'urbanisme est une matière dure, sèche et incroyablement technique. Et pourtant... Les techniques les plus modernes de visualisation en trois dimensions permettent de battre en brèche cette idée reçue et de rafraîchir l'image que l’on peut se faire de la ville de demain. Retour sur expérience.

Durant la matinée du 13 juin, trois intervenants ont ainsi exposé leurs projets et l'apport des TICs. Trois intervenants dans cet atelier, sous l'égide du dircom de la ville de Saint-Egrève, François Hernandez :
  • Christelle Mauger, responsable de l’atelier d’urbanisme et de développement durable d’Issy-les-Moulineaux,
  • Victor Antonio, responsable de la mission tram de Brest,
 
 
Issy-les-Moulineaux est une commune très tournée vers les TICs. Elle accueille de nombreuses entreprises de pointe comme Bouygues, bientôt Microsoft. Son site Internet est un exemple d'interactivité : podcast, flux rss, commentaires, SMS, TV sur mobile. Mais ce n'est pas seulement de communication numérique que Christelle Mauger était venue nous parler, mais également de l'atelier d'urbanisme et de développement durable mis en place en 2006. Le but est de faire prendre conscience aux habitants, par la communication et les technologies de l'information, de l'importance de l'urbanisme dans leur quotidien. Les Isséens ont pu, grâce à cet atelier, prendre part à des opérations de concertation et obtenir des résultats : La nouvelle tour Bouygues a ainsi vu son orientation géographique modifiée.
 

Mais ce n'est pas tout, la topographie de la ville a aussi été modélisée en 3D en utilisant les couches du Système d'Information Géographique. On peut ainsi suivre les modifications de la commune depuis 1970 et, surtout, constater les projections de ce qu'elle sera en 2014. La ville rendra cet outil accessible sur Internet dès 2009.
 
 
Victor Antonio, quant à lui, nous a emmené faire un tour de tram. La démarche de la ville de Brest permet aux habitants des quartiers concernés par la construction du futur tram de remettre leur avis et leurs propositions lors de Conseils de quartiers organisés par la mairie. Jusque là, rien d'extraordinaire. En réalité, l'originalité repose sur le fait que les Brestois ont pu se forger un avis grâce à l'implémentation de pages de visualisation du futur tracé directement sur Google Maps. Aujourd'hui, quiconque peut voir le tracé du futur tram de la ville enTracé du tram sur Google Map téléchargeant les fichiers adéquats depuis son portail dédié. Seule ombre au tableau : le coût encore incroyablement élevé des outils de vulgarisation et de simplification de ce projet complexe. Ainsi, la maquette 3D a coûté 160 000 €. C’est pourtant l’avenir et les prix ne cessent de baisser.
 
 
Enfin, bien plus qu'un simple Espace Multimédia, comme on en voit un peu partout, la M@ison de Grigny, une association regroupant les communes de Grigny et de Givors est un autre exemple de concertation avec les habitants via les TICs. Le maire de Grigny,La m@ison de Grigny René Balme, est allé à la rencontre des habitants, pour une discussion à bâtons rompus sur les TICs et le matériel informatique, afin de mieux sensibiliser ses administrés. Tous les publics étaient visés, et particulièrement les chômeurs, les étrangers, les jeunes en rupture scolaire. Un des projets de la M@ison de Grigny est basé sur une plateforme collaborative.
 
 
À l’heure des « projets de ville », les TICs semblent donc avoir toute leur place dans  un projet d’urbanisme… Mais quelle place accordera-t-on à la participation active des citoyens ? Dans quelle mesure les contraintes techniques d'un projet d'urbanisme sont-elles un frein à la concertation auprès des habitants ? Un projet d'urbanisme peut-il évoluer avec Internet ?
Repost 0
Published by blog-territorial - dans Stratégies
commenter cet article
2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 00:30


Réussir son plan de communicationChristophe Perrin fait partie de cette génération de communicants qui a commencé sa carrière en tant que journaliste. Passé successivement directeur de la communication de la ville de Saint-Dié-des-Vosges puis chef adjoint du cabinet du ministre de l’Industrie, il travaille aujourd’hui pour le compte d’un grand établissement public spécialisé dans la recherche scientifique. En mars dernier, il a publié aux éditions Territorial, un Dossier d’experts consacré à l’art et la manière de réussir son plan de communication.


S’adressant principalement aux chargés de communication peu familiarisés avec le "plan de com" mais aussi aux professionnels plus aguerris, Christophe Perrin a rassemblé de manière didactique et efficace les méthodes et les outils permettant de réaliser son propre plan de communication. Toutes les phases méthodologiques sont exposées : temps, espace, cibles, choix des moyens, mise en œuvre, évaluation, cohérence de l’ensemble.

Le plan de communication rassemble ainsi trois documents en un seul : il est d’abord un document politique, dans le sens où il répond à une obligation de service public de communiquer sur les actions de la L'Aisne it's opencollectivité et l’obligation d’information au public sur les services qui lui sont rendus. Il est, ensuite, un document stratégique exposant l’état des lieux et l’analyse objective de la situation communicationnelle de la collectivité. Il est, enfin, un outil de travail, un "plan d’action" permettant d’étayer le choix des diverses opérations en préparation.

Cette première partie est suivie de l’ensemble des outils à disposition. Les supports classiques (presse, publicité, affichage, événementiel, sponsoring, etc.) rivalisent avec les outils plus modernes et innovants (Internet, blogs, e-mailings, Intranet, web TV, télévision mobile personnelle, téléphone, etc.). Christophe Perrin est parvenu à réunir, dans une dernière partie, une série d’exemples visant à illustrer, dans le détail, la notion et l’application du plan de communication et ses outils.
 



L’ensemble est rythmé par des interviews de spécialistes et de professionnels (travaillant pour l’
UNICEF, le CSA, la région Midi-Pyrénées, France-Info) qui jettent un regard sans faux-semblants sur les aspects stratégiques et opérationnels. Tout communicant public et, je dirais même plus, toute personne chargée de communication institutionnelle, pourra trouver réponses à ses questions en compulsant ce manuel. Il offre en effet des solutions efficaces et éclairées permettant, dans le feu de l’action, d’être opérationnel.

Les lecteurs aguerris aux plans de communication, à la recherche de solutions vraiment poussées, complexes ou de grande ampleur pourront évidemment se plonger dans l’abondante bibliographie d’ouvrages spécialisés qui abordent ce thème. Précisons toutefois que s’il y a pléthore de livres et de dossiers consacrés aux plans de communication des entreprises, avec souvent des chapitres consacrés aux collectivités, les ouvrages sur les plans de communication exclusivement destinés aux collectivités sont rares, d’où l’intérêt de cet ouvrage.



Christophe PerrinTrois questions à... Christophe Perrin :

blog-territorial : Pourquoi choisir le "plan de com" comme thème d'ouvrage ?

Christophe Perrin : Un plan de com est un schéma directeur qui permet énormément de souplesses tout en exigeant d’aborder les questions principales que doit se poser un communicant. Dans cette collection "Dossiers d’experts", ce thème permet de présenter une approche globale, structurée, très opérationnelle et d’un certain niveau de complexité déjà, sans aller jusqu’à une spécialisation telle qu’elle réclamerait un autre type d’ouvrage d’une toute autre ampleur.


b-t : Vous dites que le plan de communication est à la fois un document politique, stratégique et de travail. Pouvez-vous nous expliquer cet argument ?

CP : Le plan de communication d’une collectivité met en musique un programme politique. Il y puise des valeurs qu’il s’agit de rendre manifestes pour que les citoyens ne se disent pas "le programme de nos élus, c’est du pipeau". Il accompagne les projets des élus et doit les faire comprendre, permettre leur "appropriation". Qui dit plan dit axes de travail, et donc priorités claires, et stratégie. Enfin, le but est bien de traduire tout cela de manière très concrète sur la base d’une feuille de route claire et opérationnelle.


b-t : La démocratie participative est un sujet en vogue. Pensez-vous que dans l'avenir, le plan de communication sera obligé d'évoluer pour répondre aux exigences des élus bien sûr, mais aussi aux demandes directes des citoyens ?

CP : Le terme "Démocratie participative" est une jolie expression qui prend le sens que l’on veut bien lui donner. Un plan de communication doit, de toute manière, être irrigué par les réactions, les réflexions, les retours des publics à qui il s’adresse. Il doit accompagner de manière souple et vivante un projet politique. Il participe pleinement de la manière de concevoir les relations dans la cité. Mais la politique, et c’est heureux, ne se résume pas à un plan de communication. Que retiendront les élus des propositions citoyennes ? Comment gèreront-ils ces "apports" citoyens ? Ce n’est plus une question de pure com, mais une manière fondamentale de concevoir le rôle du politique, sa fonction, le rapport avec les électeurs.



 
Vous pouvez
télécharger et apprécier les belles feuilles de l'ouvrage de Christophe Perrin, notamment son analyse des divers outils de communication que le Net met à disposition (Partie 2, Chapitre IX).


Repost 0
Published by blog-territorial - dans Voir & Lire
commenter cet article
27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 02:00
La proposition de loi déposée par Pierre Morel-A-l'Huissier le 14 février dernier sur le bureau du Président de l'Assemblée Nationale vise à limiter la part des dépenses de communication des collectivités. Retour sur l'histoire d'un volcan qui gronde...

Code général des collectivités territoriales Le petit monde de la communication publique a vivement réagi lorsque le député UMP Pierre Morel-A-L'Huissier (dont vous pouvez visiter le site) a déposé une proposition de loi le 14 février dernier qui, en un article unique, vise à limiter la part des dépenses de communication des collectivités territoriales à hauteur de « 0,3 % de leur budget global ». Cet article doit être numéroter L.1614-6-1 à l'intérieur du Code général des collectivités territoriales, au chapitre « compensation des transferts de compétences ».

Pcompublique a lancé dès le 28 mars une pétition, signée par près de 800 personnes (des professionnels de la communication publique et territoriale, mais aussi des élus). De nombreux blogueurs ont également réagi :


L'encre a coulé, la pétition fut signée, mais le député est resté muet. Et ce, malgré les courriels, les courriers et les appels, notamment lancés par Bernard Béguin, édimestre de pcom'publique, également Président de l'Union Nationale des Professionnels de la Communication Publique. Or voici que, le 17 juin dernier, Pierre Morel a posé trois questions à M. le Secrétaire d'État à l'intérieur et aux collectivités territoriales sur les dépenses de communication des collectivités. Loin d'entendre ce que les principaux protagonistes ont à exprimer de leur quotidien, sans même penser à expliquer ou à débattre (il est juriste spécialiste des collectivités territoriales) de cette proposition de loi, il demeure sourd et persiste.

La communication, en tant qu'outil planifié et réfléchi de transmission de l'information, ne semble toujours pas avoir trouvé sa complète légitimité. L'idée traîne toujours. Vous savez, cette idée selon laquelle, "la com', c'est du vent et ça ne sert à rien". Cette idée qui remet en cause 20 années de communication publique et territoriale. Cette même idée qui a permis de critiquer la campagne de communication du gouvernement autour du pouvoir d'achat, ou encore l'excès de communicants au Ministère de la défense.
 
  
La persévérance est une vertu
au double visage : elle peut être
un signe de volontarisme politique...
ou d'entêtement suspect !
 
 
Bernard Béguin, qui n'est pas juriste, cherche le dialogue. À nouveau, il essaie de prendre contact avec le député, écrit un billet sur Pcom'Publique et espère un retour de celui qui a mis le monde de la communication publique en émoi. Prêt à lui offrir une tribune sur le portail animé par CAP COM, il engage le débat répondant aux assertions du député. La balle est à nouveau chez le député.
 
Faut-il communiquer sur la communication ? À quoi sert-elle ? Qu'est-ce que la communication ? Autant de questions, forcément non exhaustives, qui mériteraient un éclaircissement auprès des autorités publiques chargées de concevoir ou imaginer des textes de loi. L'évaluation des actions de communication prend ici tout son sens. Communiquer c'est aussi répondre à des objectifs qui servent la collectivité mais surtout les citoyens.

Repost 0
Published by blog-territorial - dans Actualités
commenter cet article
24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 02:49
par Grégoire Petit
 
 
"Avec la fille Le Pen mais sans la flamme du FN", c'est le titre que Djamel Mermat, chercheur à l'université Lille 2, a donné à son intervention lors du colloque du CECCOPOP du 6 juin dernier. Au premier abord, rien d'autre qu'une énième analyse du Front National et de ses paradoxes. Mais à y regarder de plus près, ce n'est pas un point de vue extérieur que délivrait Djamel Mermat ce matin-là, mais bel et bien les réalités internes. Il s'est infiltré au sein de l'équipe de campagne FN à Hénin-Beaumont : à la fois acteur (pour de faux) et observateur (pour de vrai). Enquête...

 
 
Djamel Mermat, jeune chercheur en sciences politiques, de mère française et de père algérien, a soutenu sa thèse en 2005, sur les stratégies de changement du PCF. En 2006-2007, il décida de suivre les actions de la fédération Nord-Flandres du FN, à visage découvert et en affichant clairement ses projets de recherche. De son propre aveu, il batailla dur pour gagner petit à petit la confiance des militants : un soupçon de double-jeu en faveur d'un autre parti, ou le souci de "faire bonne figure" était toujours présent dans la tête de ses interlocuteurs.
 
Permanence FN Forcé de se cantonner à l'observation, il suivit deux élections majeures (présidentielles et législatives). Une fois les échéances nationales achevées, il décida aux alentours du mois de décembre 2007 de se pencher sur le cas d'Hénin-Beaumont avec, a priori, les mêmes objectifs et les mêmes méthodes.


Infiltration réussie
D'ailleurs, tout commença comme d'habitude : une prise de contact et un rendez-vous. C'est au cours de cet entretien, à la faveur d'un quiproquo, que Djamel Mermat fut recruté en se faisant passer pour sympathisant actif. Il intégra l'équipe de campagne FN d'Hénin-Beaumont, ville où Marine le Pen était N°2 sur la liste, ville de renaissance du parti en tant qu'acteur de gestion locale, ville fortement médiatisée où la liste FN aurait pu gagner.
 

Il le dit lui-même, il bénéficia pour cette infiltration inattendue, d'un peu de chance, d'une absence totale de communication entre les fédérations Nord-Flandres (sur laquelle il avait travaillé en 2006-2007) et d'Hénin-Beaumont et de l'étonnant manque de curiosité de ses recruteurs. Il donna ses vrais nom et prénom, sa véritable fonction (enseignant en faculté). Facilement repérable, il avait pourtant carte blanche. On lui avait même promis un poste au cabinet du maire en cas de victoire.
 
Prenant le train tous les jours depuis Lille, il participa activement aux collages d'affiches à 4h le dimanche matin, aux marchés du dimanche, aux tractages, aux séances de porte-à-porte, etc., tous les jours pendant trois mois. « Mon travail, c'est de tester les limites d'un terrain, d'un objet » aime-t-il répéter : voilà une situation qui n'est pas donnée à tout le monde pour tester les limites d'un parti comme le Front National, particulièrement pour un jeune chercheur.


Quelles leçons tirer de la campagne à Hénin-Beaumont ?
Les observations de Djamel Mermat durant l'élection municipale ont mis en évidence plusieurs caractéristiques dans la stratégie frontiste. Le FN fait face à d'importants soucis financiers et à des échecs électoraux à répétition. Il envisageait un retour sur la scène nationale au travers d'un laboratoire de gestion locale, à la manière des trophées de guerre que furent Marignane ou Vitrolles. A cet égard, Hénin-Beaumont était une cible toute trouvée : vivier ouvrier, campagne tardive du maire sortant (Gérard Dalongeville, Union de la gauche), aucune concurrence à droite (l'UMP y est quasi-inexistante).
 
 
Les supports de communication de la campagne étaient à la fois classiques et "modernes", mais criaient tous plus ou moins par leur amateurisme.
 
 
Steeve Briois, tête de liste, dans l'opposition depuis 1995, a effectué un lourd travail de terrain et espérait une triangulaire pour accéder au poste de premier magistrat. Son résultat (28 % au second tour et cinq sièges au conseil) est en contraste avec les moyens importants que le Front National a placé dans cette petite ville de 27 000 habitants.


Les supports de communication de la campagne étaient à la fois classiques (impression d'un tract différent par semaine pendant deux mois, distribués selon un quadrillage précis de 57 secteurs, affichages, marchés) et « modernes » (blog, clip-vidéo de 5 minutes), mais criaient tous plus ou moins par leur amateurisme. Ainsi, un questionnaire avait été rédigé pour évaluer les attentes des habitants. Il bénéficia d'un grand nombre de réponses, qui furent pourtant faiblement analysées.
 
Une personne s'intéressant, même de loin, à l'élection municipale d'une petite ville se rend rapidement compte du côté « artisanal » et de l'improvisation des diverses équipes. Le FN n'a bien sûr pas le monopole de cette caractéristique qui demeure néanmoins, étant donné l'enjeu des élections à Hénin-Beaumont, assez surprenante. Ainsi, le programme a été en partie conçu à partir de copier-coller de campagnes précédentes (du FN bien sûr, mais aussi du PS), et n'avait que peu de mesures réellement politiques.
 
Marine Le Pen, cachée, sous bonne escorte et ses happy few, peu de temps avant « l'incident » d'Hénin-Beaumont
Quid de la présence de Marine Le Pen ? Selon Djamel Mermat, elle était là en « représentation » : représentation car elle ne vit pas à Hénin-Beaumont (elle y montait trois ou quatre fois par semaine durant la campagne, partagée avec son siège au Conseil général d'Ile-de-France, représentation car son parachutage correspondait à la stratégie FN du « on met le paquet ».


La main droite du diable
 Nous l'avons déjà dit, cette histoire sort de l'ordinaire. Elle rappelle celle de La main droite du diable, film dans lequel une inspectrice du FBI s'infiltre au sein d'un groupuscule d'extrême-droite (type Ku Klux Klan), se laissant progressivement prendre à son propre jeu.
 
Attention, le FN n'est en rien un groupuscule violent et illégal et la comparaison avec le film à ce sujet s'arrête là. Que ce soit le FN, la LCR, le PS ou l'UMP, dans tous les cas, il s'agit de partis légaux et non-violents, qui "concourent à l'expression démocratique du suffrage" (article 4 de notre Constitution). L'intérêt de la comparaison avec le film de Costa-Gavras est ailleurs.
 
Il s'agit d'une question que tout un chacun, en se mettant à sa place, se pose : dans quelle mesure doit-il apporter son aide à une équipe de campagne alors qu'il l'observe dans le même temps ? Sa propre action ne va-t-elle pas biaiser ses résultats ? A force de vouloir rentrer dans l'esprit du décideur politique, n'en est-il pas devenu un lui-même ? Même si Djamel Mermat a mis tout son professionnalisme dans l'établissement des faits et dans leur analyse, son histoire personnelle, ses racines, sa culture, son éducation ne se sont-elles pas heurtées, à un moment donné, à l'idéologie, au passé (voire au passif) de la formation d'extrême droite ?

Rien de telle qu'une rencontre directe pour sentir, découvrir et écouter ses réponses dans un domaine qui tient davantage du ressenti, du malléable que du certain ou du définitif. C'est pourquoi Djamel Mermat sera prochainement l'invité de Blog-Territorial Vidéo. Il pourra ainsi répondre à toutes les questions ou les réactions que vous aurez laissé dans les commentaires.



Nous laisserons également un droit de réponse, si elle le désire, à la fédération FN d'Hénin-Beaumont qui apprendra avec vous cette petite aventure. Alors, à vos claviers et rendez-vous dans une quinzaine de jours pour la suite !

Vous pouvez lire le droit de réponse de Steeve Briois
 en cliquant ici
.

Repost 0
Published by blog-territorial - dans Actualités
commenter cet article
20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 00:01
Dominique Wolton, docteur en sociologie et directeur du programme de recherche sur les Sciences de la Communication au CNRS, est intervenu le 18 juin dernier à Clermont-Ferrand.

Ce spécialiste de l’analyse des rapports entre culture, communication, société et politique était l'invité de la deuxième Université Européenne de l'accueil de nouvelles populations. Il s’est entretenu avec l’équipe du Conseil Régional de l’Auvergne sur sa vision de la communication publique, distinguant systématiquement communication et information. Comment les collectivités locales ont-elles évolué dans le rapport qu’elles entretiennent avec les citoyens ? Le web va-t-il révolutionner cette communication publique ? Et l’humain dans tout ça ? Car, comme le dit Wolton, rien ne remplacera le bistrot !… 
 

Merci à Bertrand Soulier, webmaster du conseil régional d'Auvergne,  qui nous a relayé l'information.
 
Repost 0
Published by blog-territorial - dans Actualités
commenter cet article
18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 01:00
par Grégoire Petit

Les étudiants du Master professionnel Communication politique et sociale de l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I) organisent depuis quelques années leurs traditionnels petits-déjeuners débats, dont les thématiques peuvent être aussi variées et intéressantes que (hélas) politiquement correctes.
Le 5 juin dernier a eu lieu, dans les locaux de l’INA, cette rencontre sous forme de
discussions
autour de la communication du Président, histoire de dresser un bilan de la première année de mandature.



Opération de réflexion pour les étudiants et le public présents, opération de prestige pour le directeur du Master (Jacques Gerstlé) qui a invité du beau monde - pas moins de sept personnalités connues et reconnues du PAF et du microcosme politique :

 
Ce "p’tit-déj" n’a pas fait les gros titres, aucun journaliste présent dans la salle, quelques étudiants, quelques curieux… Une trentaine de personnes seulement pour une entrée et café/croissant gratuit. Bref tout s'annonçait bien et je ne fus pas déçu. Quel fut l’intérêt de ce petit-déjeuner débat ?

Commençons par le fond. Le sujet paraissait vaste et avait déjà rempli les colonnes des chroniqueurs : « Que reste-t-il des codes de la communication présidentielle ? Un an après ». La communication du Président de la République est supposée être la pierre angulaire de la communication politique. Dans la question qui était donnée à nos intervenants, il apparaît que les codes de la communication présidentielle ont été identifiés, analysés et… dépassés après un an d’exercice. Bien avisé est le connaisseur capable d'en capter les nouveaux ("Carlabrunite", fin du "bling-bling" et de la "pipolisation" ou "spectacularisation").

Quels seraient ces nouveaux codes ? Julien Dray a indiqué que Nicolas Sarkozy est apparu médiatiquement dès 2002 en contrôlant l’agenda médiatique (mis en pratique dès Alastair Campbell sous Tony Blair) et la fin de la théorie de la rareté (développée par Jacques Pilhan sous Mitterrand et Chirac). Aujourd’hui, Sarkozy doit se conformer au personnage qu’il incarne (dont la stature présidentielle est "transcendantale" selon Laurent Habib), "même si ça le fait chier parce que ce n’est pas du tout sa personnalité". Gilles Leclerc signale que sa personnalité a une tendance naturelle au "show off", il est obligé par la force des sondages de s’assagir. Quant à Brice Teinturier, il a repris sa métaphore, maintes fois développée, de "Président Jack Bauer" : astreint à une obligation de résultat et de rêve, le Président Sarkozy reste en tension avec les promesses trahies (pouvoir d’achat notamment).

Le second axe de réflexion portait sur le rôle des professionnels de la communication et leur influence sur le rendu médiatique de la communication présidentielle : connivence des journalistes, comportement des instituts de sondage, etc. Gilles Leclerc a entamé le débat en rappelant que le métier de journaliste est de plus en plus difficile du fait d'un environnement changeant et d'interaction croissante entre les acteurs. Thierry Vedel ajoute que les rapports entre média et politique ont en effet beaucoup évolué : la génération en place est née avec la télévision, en maîtrise parfaitement les pièges (temps, espace) et les manières de l'instrumentaliser.

La génération politique en place est née avec la télévision, en maîtrise parfaitement les pièges et les manières de l'instrumentaliser

Voilà pour le fond. Cependant, ce débat nous a semblé beaucoup plus instructif du point de vue de la forme. Expliquons-nous. Tout d’abord, le débat fut ponctué d’extraits que l’INA avait soigneusement choisis et qui l'illustrèrent parfaitement. Voir Valéry Giscard d’Estaing (presque) nu prenant sa douche à la suite d’un match de football des employés municipaux de Chamalières ou revoir la montée de la Roche de Solutré est toujours "jouissif" pour les passionnés de la communication politique. Mais le plus intéressant restent les relations établies directement entre ces intellectuels modernes.

En effet, mine de rien, ce panel représentait l’ensemble des acteurs de la communication politique (le chercheur, le conseil, le sondagier, le politique et le journaliste), et leurs intérêts propres. Chacun a donc naturellement prêché pour sa paroisse (Brice Teinturier pour l’intégrité de l’utilisation des sondages, les journalistes pour leur indépendance, Laurent Habib pour la difficulté du rôle de conseil, les politiques pour leur parti). Éloignés pour l’occasion de la scène médiatique, ces intellectuels adoptent un comportement qui, s’il reste formaté pour le débat (réponse courte, répétition des mots), n’en est pas soudainement que beaucoup plus humain : remarques amicales, rire, finesse des interventions, ressenti des expériences personnelles. La proximité avec le public et l’ambiance en générale ont offert des interventions d’un bon niveau, constructives sur le plan intellectuel.

Éloignés de la scène médiatique, ces intellectuels adoptent un comportement qui, s’il reste formaté pour le débat, n’en est  soudainement que beaucoup plus humain
 
 
Somme toute, cette rencontre a permis d’illustrer deux essais relativement complémentaires : Celui de Jean-Marie Cotteret (d’ailleurs initiateur du master "Communication politique et sociale"), Gouverner c’est paraître et celui de Jean-Luc Michel La distanciation : essai sur la société médiatique. Si le premier insiste sur le fait que le pouvoir appartient à celui qui contrôle les codes d’apparition télévisuelle, le second met en exergue la prise de recul (la distanciation) nécessaire, vitale vis-à-vis de la masse d’informations et des jeux de communication que tout un chacun doit décrypter quotidiennement.

Ainsi, l’absence d’enjeu médiatique de ce petit-déjeuner a permis à ces intellectuels, experts de leur propre communication, de se dévoiler sous un jour plus humain. Il les a en quelque sorte forcés à se distancier par rapport à leur propre personnage médiatique.

Repost 0
Published by blog-territorial - dans Actualités
commenter cet article
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 01:01

par Isabelle Hache


La Fondation pour l’Innovation Politique a publié un document de travail intitulé « Mesurer le bonheur : des indicateurs pertinents pour la France ? ». La richesse monétaire semble ne pas être essentielle au bien-être de la population. Au cœur des réflexions de l’OCDE, le progrès rime avec bien-être et prend en compte les aspects économiques, mais aussi sociaux et environnementaux.


fondapolJusqu’ici le bonheur était mesuré avec des critères comme le PIB. Or, l’argent ne fait pas le bonheur… Pourtant nous voulons toujours plus de richesses, que nous obtenons au fil du temps sans que nous soyons pour autant plus heureux. Ni même la santé n’améliore notre degré de bonheur selon les différents sondages menés aussi bien aux Etats-Unis qu’au Japon ou encore en Europe.

L’évaluation du bonheur n’est pas qu’une interrogation philosophique ou sociale, elle est également économique. Car le bonheur joue sur la croissance, nous dit Raphaël Wintrebert* auteur du document de travail.

L’étude de Diener & Suh indique que les personnes heureuses contribuent mieux à la prospérité d’un pays, Kenny estime même que l’impact du bonheur sur la prospérité économique est plus prononcé que celui de la croissance économique sur le bonheur. Les personnes heureuses sont en général plus créatives, plus entreprenantes dans les relations interpersonnelles, plus aptes à gérer des situations difficiles, plus aimables, plus altruistes, plus à l’aise dans les prises de décision. L’argent ne fait pas le bonheur, mais le bonheur semble faire l’argent…
 
L’impact du bonheur sur la prospérité économique est plus prononcé que celui de la croissance économique sur le bonheur
 
La réflexion sur le bonheur devient l’objet de recherche de Daniel Kahneman et Alan Krueger, prix Nobel d’économie en 2002, qui ont l’ambition de créer un indice du « Bonheur Intérieur Brut » (BIB). En France, cette idée trouve un écho politique. Désormais, des indicateurs de progrès durable, lié au bonheur, se mettent en place.

Pourtant l’idée de mesurer le bien-être de la population n’est pas nouvelle. Au début des années 1970, deux économistes américains proposent une mesure du bien-être économique (Measure of Economic Welfare, MEW), élaborée à partir du PNB. Ils proposent de classer la consommation en positif tout ce qui est censé améliorer le bien-être et en négatif tout ce qui le minore. Les Japonais ont également élaboré une telle mesure (Net National Welfare).

En 1990, l’ONU met en place l’indice de développement humain (IDH) pour mieux prendre en compte les multiples éléments disparates qui participent à l’épanouissement de la personne aux différents âges de la vie. Or l’IDH limite son champ d’investigation à trois critères : la longévité (santé), l’éducation et le niveau de vie.
 
En France, nous avons le Centre d’Etudes et de Recherche sur l’Economie du Bien-Être (CEREBE), les premières Données sociales de l’INSEE (1973), la mise en place par l’OCDE d’une liste d’indicateurs sociaux destinée à mesurer la qualité de la vie (1981) régulièrement actualisée.

Cependant, tous ces outils peinent à donner une vue synthétique de la situation d’un pays et ne permettent pas la comparaison internationale. Aucun consensus n’ayant été trouvé, le débat s’est porté sur la pertinence de telles études, sur une notion aussi subjective que le bonheur.

Un nouveau courant de recherches, avec en tête Ruut Veenhoven, créateur de la base de données mondiale « World database of happiness », pense que « le bonheur peut être défini comme une jouissance subjective de la vie dans son ensemble. En ce sens, le bonheur n’est pas un concept illusoire. Il peut être conceptualisé et mesuré ». Le bonheur varie aussi bien à l’échelle de l’individu qu’à celle d’un pays. Les variations de la qualité de vie dans un pays joue un rôle pondérable dans la mesure du bonheur. Il n’est donc pas uniquement une affaire intime.

Mesurer le bien-être : une mission impossible ?

Deux grandes perspectives, éventuellement associées, sont développées : l’une se fonde sur des données « objectives » et vise à mesurer l’état de richesse d’un pays et le confort dont doivent logiquement bénéficier ses citoyens ; l’autre se fonde sur l’appréciation « subjective » des citoyens eux-mêmes de leur situation. Suivant l’orientation privilégiée et les critères d’évaluation retenus on obtient ainsi une multitude de données et d’indices.

Force est de constater que les résultats sont très disparates. Plus on agrège des indicateurs divers afin d’obtenir un chiffre censé exprimé le « bonheur général » de l’humanité, plus on schématise les données et plus on s’éloigne du réel. Deux problèmes majeurs se posent. La question de l’échelle d’analyse privilégiée : une évolution moyenne peut très bien être contredite par une dégradation localisée. La question des liens de causalité : pour démontrer que la mondialisation joue sur le bonheur ou le malheur mondial, il faudrait pouvoir dégager des chemins de causalité.

bonheurSi la comparaison internationale semble improbable, les différentes études permettent d’identifier des facteurs essentiels au bien-être. « Les gens sont nettement plus heureux dans les pays plus riches, sécuritaires, libres, égaux et tolérants. Ensemble, ces qualités sociales expliquent plus de 63 % de la variation du bonheur moyen ! Les améliorations dans les conditions sociétales tendent à être suivies par une augmentation du bonheur moyen ».

En France
D’une manière générale, on constate un fort contraste entre le sentiment de bonheur individuel et une crainte de plus en plus forte pour l’avenir au niveau collectif, ou encore le regard négatif que porte les Français sur leur pays.

D’après une enquête réalisée en 2004, la famille, les enfants et la santé dominent largement l’ensemble des facteurs rendant les Français heureux. C’est donc la sphère privée qui prime sur le travail ou la richesse. Cependant, il y a de grandes disparités en fonction du genre, de l’âge ou de la catégorie socioprofessionnelle.

Richesse
La corrélation entre richesse et bonheur est fonction des pays. Forte dans les pays pauvres, elle est assez faible dans les pays riches. L’augmentation des aspirations contribue à rendre constant le sentiment de bonheur. À partir d’un certain niveau de revenu, le gain en bonheur lié à un revenu supplémentaire est faible.
richesse
 
36 % des personnes interrogées estiment que l’obstacle le plus important à leur bonheur est le revenu. Nié comme facteur de bonheur présent, l’argent est assumé comme facteur de bonheur futur...

Le pouvoir d’achat constitue depuis plusieurs années une préoccupation essentielle pour 62 % des Français d’après une enquête de mars 2007.

Liberté
En janvier 2007, 52 % des Français estimaient que des trois valeurs énoncées dans la devise républicaine, la « liberté » était la plus importante.

Mais loin de considérer que la liberté est un acquis définitif, 59 % estiment qu’elle est menacée en France. Parmi les mesures jugées les plus liberticides, on retrouve le croisement entre fichiers de données personnelles, le déremboursement des médicaments, les caméras de surveillance dans les lieux publics ou encore l’augmentation des contrôles d’identité.

Les Français hiérarchisent les différentes formes de liberté. Par ordre décroissant d’importance viennent la liberté d’expression, la liberté de déplacement, la liberté d’entreprise, la liberté de culte ou encore la liberté sexuelle.

Sûreté
Sûreté physique
Interrogés en 2006 sur leur perception de l’insécurité et placés devant une dichotomie très tranchée, près de trois Français sur cinq (57%) considèrent qu’elle est un phénomène qui ne cesse de s’aggraver, quand 39% estiment que c’est plutôt le sentiment d’insécurité qui s’accroît.

Autre dimension de la sûreté physique : la santé. Beaucoup de Français mettent en avant la qualité des soins ou la prise en charge de la fin de vie comme facteurs déterminants de leur bien-être.

Sécurité professionnelle
Toutes les études montrent que le chômage a un fort effet négatif sur le bonheur des individus. Même si la perte de revenu liée au chômage est compensée, le chômage est en soi un facteur très important de malheur (perte du lien social). Le chômage constitue la préoccupation principale des Français.

Sécurité légale
La justice est un des services publics dont les Français ont la moins bonne opinion. La confiance en la justice pourrait contribuer au sentiment de bonheur.

Solidarité
solidariteL’importance du « lien social » est soulignée par les Français : en 2007, 69 % estiment que la « fraternité » est menacée en France et 80 % pensent que l’« égalité » est menacée. Interrogés en 2004, plus de 80% des Français avaient le sentiment que les inégalités s’étaient un peu ou nettement aggravées en France au cours des années précédentes.

L’inquiétude pour ses proches ou pour l’avenir de l’ensemble de la société peut affecter profondément le sentiment de bien-être. On peut ainsi utilement identifier des dimensions pertinentes : confiance dans la famille, dans les relations amicales, participation sociale (associations bénévoles), perception de l’égalité/équité sociale (inégalité des revenus, des sexes, d’éducation), de la tolérance (acceptation de l’homosexualité, de la prostitution, d’autres cultures)…
 

La réflexion sur le bonheur va se poursuivre tant le désir de dépasser les stricts indicateurs économiques est fort. Le Canada a par exemple lancé un grand chantier en ce sens. Ses chercheurs élaborent actuellement un nouvel indice d’évaluation du développement national autour de sept domaines : le niveau de vie, la santé, l’organisation du temps, l’éducation, la vitalité communautaire, l’environnement et la gouvernance. Chacun de ces domaines comptera jusqu’à une vingtaine d’indicateurs, allant du revenu des ménages à la quantité de polluants émis dans l’atmosphère en passant par le niveau de bénévolat, le taux de décrochage scolaire, la récurrence de certaines maladies et le temps passé avec sa famille.
 
Pour en savoir plus :
 
Indicateurs de richesse et de bien-être.
Des pistes de réflexion pour la commission Stiglitz
Hors-série
 
Depuis plus de quarante ans on s’interroge sur les liens entre croissance économique, développement (économique, social et environnemental) et bien-être. Conclusion : le PIB des sociétés développées ne cesse de croître quand, au mieux, le bien-être des individus stagne. Faut-il dès lors changer nos instruments de mesure de la richesse ? En janvier 2008, le président Nicolas Sarkozy a confié au prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz l’animation d’un groupe de réflexion sur ce sujet. Cette étude vise à ouvrir plus largement le débat et à proposer des orientations stratégiques.

Fondation pour l’Innovation Politique

Banque des savoirs

Pour élargir le concept :

Le palmarès des grandes villes françaises

Les villes où il fait bon vivre
 
 

Raphaël Wintrebert | Chargé de recherche
Sociologue de formation, enseignant à l’université Paris-V, il travaille sur divers sujets parmi lesquels les politiques commerciales internationales, le capitalisme financier, les indicateurs de bien-être ou encore la sécurisation des parcours professionnels. Il a récemment publié Attac, la politique autrement ? Enquête sur l’histoire et la crise d’une organisation militante (La Découverte, 2007).

 

Repost 0
Published by blog-territorial - dans Société
commenter cet article
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 00:01

par Franck Confino


Quels sont les choix méthodologiques, éditoriaux, graphiques ou encore technologiques préalables à la mise en place d'un blog territorial ? Comment faire son choix entre les différentes plateformes en ligne ou à héberger ? Comment faire vivre, ensuite, son blog territorial au quotidien et le rendre vivant ? Quels seront les fonctions et modules essentiels à son succès ? C'est à toutes ces questions que nous tenterons de répondre aujourd'hui, dans cette partie, d'une trentaine de pages, soumise à vos remarques, critiques, suggestions... et contributions !
 
Dessin original de Dominique Goubelle
 
 
Comment trouver, au sein de la collectivité, les ressources nécessaires pour alimenter quotidiennement le blog, modérer les commentaires, répondre aux questions ? Première des questions à se poser avant l'ouverture du blog, celle de l'exigence organisationnelle en implique néanmoins beaucoup d'autres. Doit-on ouvrir le support à la publicité ? Quels seront ensuite les choix graphiques, éditoriaux et techniques ? Les écueils à éviter ? Quid de l'accessibilité ou de la sécurité du support ? Comment faire connaître le support dans la blogosphère et auprès des administrés ? Enfin, quelles seront les clefs de son succès ?

Autant de questions essentielles, auxquelles nous n'aurons pas prétention de montrer "l'unique chemin pour y arriver", mais pour lesquelles nous essaierons de dégager les pistes de réponse les plus pertinentes et appropriées. Pour ouvrir cette réflexion, voici l'avis de Georges Blaszczyk, DGS de la ville de Pfastatt : «Pour qu'un blog territorial marche, le créneau est quand même étroit. Plusieurs conditions doivent être réunies simultanément :
  • présence d'une personne qui connaît le terrain, qui aime écrire;
  • qui a un angle différent de celui de la presse locale et du bulletin municipal;
  • qui sait surprendre;
  • éviter de devenir la voix de son maître, donc bénéficier de la confiance des élus (si c'est un élu qui gère, il doit bénéficier de la confiance de ses collègues);
  • être têtu (la montée en puissance ne sera pas forcément rapide) et modeste (le blogueur a quelquefois l'impression d'avoir mis en ligne un excellent article que le monde entier commentera, alors que la réalité est bien différente)».

Intéressant, n'est-ce pas ?
Au plaisir de vous lire maintenant !


Téléchargez le PDF

Si vous avez raté le début...
 
Dernière ligne droite de cette "première" éditoriale ! Avec cette avant-dernière partie soumise aujourd'hui à vos contributions, et après avoir pris pas mal de retard (élections et planning des contributeurs obligent), l'écriture collaborative entre maintenant dans sa phase finale... Avec l'accord des éditions Territorial, la remise du manuscrit sera ainsi reportée à fin juillet... et la petite fête réunissant tous les contributeurs à fin septembre ! Nous vous tiendrons bien sûr informés de la date exacte, dès qu'elle sera fixée. Mille mercis à celles et ceux qui auront donné de leur temps pour poser leur pierre dans ce bel édifice !
 
article précédent
Repost 0
Published by blog-territorial - dans Le livre
commenter cet article

Attention, le blog a déménagé!

ATTENTION : vous êtes égarés sur les archives de blog-territorial...
Depuis 2011, le blog a déménagé et a continué sa vie ici :

BT.jpg

Editeur

Directeur de la publication : 
Franck Confino 

Texte Libre

   Inscrivez-vous à la newsletter   Contactez-nous

 

auwwwergne.com
Recommandé par des Influenceurs

C'est forcément ici !

 

 

 

Et pour finir...

 

internautes sont égarés ici et trouveront leur bonheur par là !
 

Avril 2006 - Novembre 2010

 

Contrat Creative Commons

Blog-territorial
by Adverbia est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.
Basé(e) sur une oeuvre à www.blog-territorial.fr.