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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 00:00
par Franck Confino

Directeur de Territoires Publics, un cabinet de conseil en relations publiques, Frédéric Duval est l'organisateur du concours Meilleurs Voeux des Territoires. Dans un entretien d'une dizaine minutes, il nous présente les coulisses de cet événement qui, chaque année, prend de l'ampleur.

Frédéric Duval

 

 

Cliquez ici pour écouter le podcast :

 

 

Pour télécharger le fichier :




Diplômé de Sciences Politiques et de droit public, cet ancien directeur de cabinet est également l'auteur de Déclaration mensuelle, un livre de la collection Trajectoires écrit avec beaucoup d'humour et de recul sur sa "transition professionnelle non désirée", dont nous avait parlé ici Philippe Duret.


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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 00:00

par Delphine Gay

 

Sébastien Bailly, créateur et blogmestre du Rouennais, nous a accordé un peu de son temps pour jouer au jeu des questions/réponses et nous présenter son blog… qui a reçu la mention spéciale du jury du premier Prix du blog citoyen, le 1er juin dernier à Alençon.

 

Sébastien Bailly, pouvez-vous nous expliquer, en quelques lignes, votre parcours ?

Sébastien BaillyEn quelques lignes : douze ans de journalisme, cinq ans dans la communication, et aujourd'hui, un peu de tout, et notamment beaucoup de formations à la communication en ligne, soit en direct, soit via des écoles de journalismes, comme l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, ou le Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes de Paris. Je tiens aussi des blogs professionnels, comme celui de Kidigom. Et je suis ouvert à toute proposition dans ces domaines...

 

Quelles ont été vos « expériences » de blogs avant de créer Le Rouennais ?

Je blogue depuis deux ans. A titre personnel, en fait semi-professionnel, d'abord, sur bailly.blog.com. C'est, en quelque sorte, ma « vitrine ». Je participe depuis 18 mois environ à La Feuille sur l'actualité de l'édition et de l'édition électronique. J'avais eu la responsabilité de quelques sites auparavant, et participé à de nombreux autres, dans un cadre professionnel, à la première version du site web du Forum des Halles à Paris, des Quatre Temps à la Défense, ou à Fnac.com. La feuilleJ'ai aussi eu l'idée et la responsabilité de ce qui est considéré par beaucoup comme le premier blog officiel d'une commune en France : canteleu.info, qui n'est malheureusement plus ouverts aux commentaires aujourd'hui. En fait, je baigne dans Internet depuis 1995.


Comment est venue l'idée de créer Le Rouennais ?

Il y a un an, les blogs locaux n'étaient pas si nombreux. Je voyais ce qui se faisait à Puteaux, ou à Roman sur Isère. J'ai vite été persuadé que cela se développerait partout, qu'il y avait des choses à dire, des choses à inventer, à découvrir. Je savais que je saurais le faire. Et, Rouen étant ma ville, celle où j'ai grandi, celle où j'ai le plus habité, cela est venu assez naturellement. En fait, j'avais envie d'essayer, de voir ce que cela pourrait donner.

Sébastien Bailly

Quelle est la ligne éditoriale, la « philosophie » de ce blog ?

L'idée, c'est d'offrir un espace de discussion, un lieu de débat et d'échange. Je couvre l'actualité locale, et les gens réagissent. Les colonnes sont ouvertes à toutes les opinions. Le Rouennais parle des grands projets sur la ville, de politique, de culture, de sport, d'histoire... De tout ce qui fait Rouen. Il s'agit de donner à voir et de donner à parler.

KidiGom'

Quelle est sont audience ?

Le Rouennais dépasse aujourd'hui les 400 visiteurs uniques par jour. L'audience est en constante augmentation, de 20 à 30 % par mois. Le site existe depuis novembre 2005. Il y a eu des périodes de moins forte augmentation, difficile de dire à quelle vitesse cela va continuer à évoluer.

 Cantaleu info

Certains blogueurs préfèrent éviter les bandeaux publicitaires et d'autres n'y voient pas d'inconvénient. Vous semblez faire partie de la seconde catégorie : ne trouvez-vous pas que ces bandeaux « dénaturent » l'esprit blog ?

L'esprit blog ? C'est la discussion, l'échange. La publicité n'empêche pas ça. Les bandeaux publicitaires me payent tout juste l'hébergement du site aujourd'hui. Ca ne me paraît pas immoral. Je donne près de deux heures par jour à ce projet.

lerouennais.com

Avez-vous de nouvelles idées (que vous voudriez mettre bientôt en pratique) pour développer ce blog ?

Oui, les idées ne manquent pas. Déjà, au fil du temps, le nombre de rédacteurs s'étoffe. Il pourrait y en avoir encore plus dans les mois qui viennent. Et puis, j'ai préparé une surprise pour mes lecteurs à l'occasion du premier anniversaire du Rouennais. Ca se passera les 7, 8 et 9 novembre 2006. Mais je n'en dis pas plus pour l'instant. C'est une surprise.

 Rouen fait campagne pour le blog


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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 00:00

par Franck Confino

 

Directeur des éditions Territorial, Philippe Duret nous présente la nouvelle collection : Trajectoires. L'occasion de découvrir le métier d'éditeur, comme de faire le point sur les multiples activités et perspectives du premier groupe d'édition français consacré au monde des collectivités locales.

 

Blog-territorial (B-T) : Vous lancez actuellement une nouvelle collection, Trajectoires. Quel en est le principe ?

 

Philippe DuretPhilippe Duret (Ph. D.) : Le principe est simple. Les éditions Territorial publient des ouvrages juridiques et techniques destinés aux acteurs territoriaux. Avec cette collection, nous avions envie de sortir du livre purement professionnel pour aller vers des ouvrages plus personnels relatant des expériences, des vécus d'acteurs territoriaux en lien avec le domaine des collectivités territoriales.

Déclaration mensuelle est le premier titre publié dans cette collection. Il a été rédigé par Frédéric Duval, un ancien directeur de cabinet et qui eut un jour à connaître une « transition professionnelle non désirée ». En fait, lorsque le maire dont Déclaration mensuelleil était le directeur de cabinet a perdu l'élection municipale, il s'est tout simplement retrouvé au chômage et a connu la galère pendant un certain nombre de mois, comme beaucoup peuvent le vivre. Malgré son expérience, ses diplômes, ses réseaux, il a passé neuf mois à chercher du travail. C’est ce qu'il nous raconte maintenant avec beaucoup d'humour et de recul. C'est un livre très intéressant.

 

B-T : Une collection qui s'intéresse donc aux aspects très « humains » des métiers de la communication territoriale…

Ph. D. : Exactement. J'aimerais pouvoir publier dans cette collection le témoignage d'un policier municipal confronté aux émeutes de banlieues ou encore celui d'une personne victime de harcèlement pendant des années dans sa collectivité. Bref, tous ces témoignages de vécu des professionnels des collectivités territoriales, qui s'écrivent dans le secret des appartements des intéressés et restent très souvent dans les tiroirs, faute d'oser les publier un jour. Le but de cette collection est donc, via ces petits ouvrages publiés sous forme de E-book, de les rendre publics… parce que ces expériences sont riches et, en même temps, transposables à d'autres personnes.

 

Extrait n°1 :

 

B-T : Vous êtes directeur des éditions Territorial : expliquez-nous en quoi consiste votre métier.

Ph. D. : Pour faire ce métier, il faut déjà très bien connaître les collectivités territoriales, ne serait-ce que pour savoir quels sont les besoins de ses acteurs. Nous sommes la plus grosse société d'édition en France sur ce secteur, avec un catalogue de plus de 500 ouvrages. Lorsqu’on est on est dans une collectivité, on a souvent « le nez dans le guidon » ; on est pris par l'enchaînement des choses. Pouvoir se reposer sur une expertise extérieure, sur des expériences qui ont été menées ailleurs, synthétisées et relatées dans des ouvrages, c'est souvent ce qui permet de lever la tête du guidon et de mettre en perspective ce que l'on fait avec les connaissances, les expériences des autres. Donc ce métier d’éditeur consiste à détecter des talents, bien sûr, mais aussi à détecter des expériences, des savoir-faire pour ensuite les mettre en ouvrage avec le coeur de façon à les rendre publics.

 

Extrait n°2 :

 

B-T : Que représente la partie « édition» au sein du groupe ?

Ph. D. : Nous avons trois grands champs d'activité : le premier, c'est la presse, avec deux magazine phares : La lettre du Cadre Territorial et Techni-cités. Ce dernier s'adresse aux techniciens territoriaux, aux ingénieurs, aux directeurs des services techniques. Dans la branche presse, nous avons également toute une série de titres comme par exemple Femmes Territoriales qui cible plutôt les secrétaires de mairie en zones rurales, Tess (Travailler pour l'Economie Sociale et Solidaire) ou encore Les Cahiers du Management, La lettre de l'intercommunalité, etc. La presse représente ainsi notre première branche d'activités.


Le deuxième grand champ, c'est l'activité Internet avec un site, Territorial.fr, que vous connaissez certainement… et qui d'ailleurs parle de temps en temps de blog-territorial ! C’est aujourd’hui le site le plus fréquenté en France dans le domaine des collectivités territoriales, avec plus de 300 000 connections par mois. Dans ce deuxième champ d'activités, nous avons toute une série de sites, comme Modèle Expert qui propose des modèles téléchargeables… et beaucoup d'autres, mais je vous ferai grâce de tous les citer !


Enfin, la troisième branche de notre activité, c’est l'édition, avec des ouvrages connus sous le nom de Dossiers d’Experts, une grosse collection de plus de 500 titres. A côté, nous avons d'autres collections, un peu moins connues, mais qui se développent réellement, comme Essentiels sur ou Collection Territoriale : elles visent d'autres types de publics et de problématiques.

 

B-T : Les ouvrages que vous publiez peuvent également être téléchargés : quel est le ratio de téléchargements par rapport aux ventes « papier » ?

Ph. D. : A l’heure actuelle, c'est encore marginal. Mais ce phénomène va croissant et nous y croyons beaucoup. Je pense que le téléchargement d'ouvrages, dès lors que ceux-ci sont appropriés, c'est l'avenir. Notamment parce que lorsque vous êtes en poste dans une collectivité et que vous avez un problème pour lequel vous cherchez des réponses, si vous devez commander l'ouvrage… le temps d'émettre le bon de commande, que celui-ci fasse le tour du circuit des signatures, qu'il arrive à l'éditeur, que l'éditeur expédie l'ouvrage, vous risquez de le recevoir lorsque le problème n'est plus d'actualité !


Le téléchargement, c'est l'instantanéité. Vous avez un besoin ou un problème, sa réponse est immédiate. Je crois vraiment que c'est l'avenir : les collectivités y viennent petit a petit mais le succès rencontré par notre site Territorial.fr est bien la preuve que le succès va grandissant. Nous allons même vers l'explosion de ce phénomène.

 

Extrait n°3 :

 

B-T : Quels seront vos grands sujets d'édition d'ici la fin de l'année ?

Ph. D. : Notre rythme est tel qu’il me serait bien difficile de résumer ici un ou deux projets. Ce que nous cherchons, c'est pouvoir apporter des réponses à chaque métier de la fonction publique territoriale : des réponses concrètes, sous forme de boites à outils, des choses très pratiques et déclinables. Nous ne faisons ni de la philosophie, ni de la sociologie. Ces disciplines ont certes leur intérêt mais les acteurs des collectivités ont surtout besoin d'opérationnel : il s’agit donc pour nous de multiplier les « boites à outils » sur chaque métier. C'est notre priorité, et c'est sur quoi nous concentrons nos efforts.


Philippe Duret : podcast vidéo au Cap'com

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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 00:00

par Delphine Gay

 

Dans les semaines à venir, nous vous proposerons une série d’articles pour revenir sur les résultats d’une précieuse étude éditée par l’association Communication publique, dont nous nous étions fait l'écho à sa sortie : Le directeur de la communication et internet dans les collectivités territoriales. Quelle influence sur le métier ? Au préalable, il nous semblait important de présenter son auteur, Philippe Deracourt, à nos lecteurs. Rencontre.

 

Blog-territorial (B-T) : Vous avez été secrétaire général de l’Union départementale CGT du Val d’Oise 1995 à 2003. Quels souvenirs professionnels en gardez-vous ?

 

Philippe Deracourt (Ph. D.) : Même si l’activité syndicale n’a été qu’un moment de ma vie, cela reste un moment fort, essentiel et riche d’enseignements, qui m’a certainement permis de mieux mesurer les enjeux de la communication, notamment de la communication sociale.

Indirectement, cette expérience a été pour moi l’occasion de porter un nouveau regard sur internet. En effet, contrairement à ce que l’on croit, la CGT n’est pas du tout une organisation hiérarchisée : au sein du syndicat, chacun a une grande autonomie de fonctionnement. Ce qui compte donc pour faire vivre ce type d’organisation, c’est avant tout la capacité d’animer des réseaux, de donner du contenu et de convaincre avant de demander.

 

Extrait n°1 :

 

B-T : Vous avez également été conseiller municipal de la ville d’Argenteuil. Vous avez donc un réel goût de la chose publique…

Ph. D. : J’ai depuis longtemps le goût de la chose publique, y compris parce que j’ai exercé mon activité professionnelle au sein du service public. Mon expérience de jeune conseiller municipal a été très temporaire… et n’a pas été positive dans tous les domaines : lorsque vous êtes le plus jeune conseiller municipal d’une grande ville, on vous met surtout aux inaugurations ! Ce mandat n’est donc pas forcément ce qui m’a le plus influencé. Mais en tous cas, l’engagement social et politique me tient effectivement de très longue date, depuis le lycée, et m’a très certainement donné le goût de la chose publique.

B-T : Pensez-vous vous représenter un jour ?

Ph. D. : Non. J’ai un vrai souhait de professionnalisation et je trouve que la communication est un bon moyen de travailler au service de la chose publique, de contribuer à en corriger les défauts, à en améliorer l’image et surtout l’efficacité. A ce jour, je suis donc plus dans une recherche de professionnalisation que de mandat électif.

Nous avons connu plusieurs phases de la communication territoriale – des phases très militantes, une phase plus marketing… – et je pense que maintenant, internet contribue à interroger la communication publique en général, et territoriale en particulier, sur ce que j’appelle « une mutation nécessaire vers un rôle de médiation dans les territoires » à partir d’une expérience qui était avant tout celle d’une médiatisation politique ou des institutions.

En outre, il existe un réel besoin de dissocier ce qui relève du champ de la communication publique de ce qui concerne la communication beaucoup plus politique. Je pense d’ailleurs que c’est ce mélange des genres qui, au départ, a compliqué le développement du blog territorial.

 

Extrait n°2 :

 

B-T : Pour revenir à votre étude, son résultat global vous semble-t-il positif ?

Ph. D. : D’après les informations que j’ai pu glaner, il semble que cette étude soit la première à aborder la question du « métier » face à internet. J’ai porté un regard assez neuf sur cette question. Tout d’abord parce que j’ai découvert beaucoup de choses au niveau du fonctionnement des services  de  communica-
tion des collectivités territoriales ; ensuite parce que, bien que je possède une véritable expérience « métier », je venais de passer un master de communication. Je suis donc parti de rien, sans a priori.

Globalement, je crois le bilan très positif. Plus de 5 000 personnes sont venues consulter l’étude, les 1 500 exemplaires tirés ont été diffusés et nous avons comptabilisé un bon millier de téléchargements. Il y a donc eu un intérêt réel de la part des professionnels.

Je ne sais pas encore quel va être le retour au niveau du regard qu’ont les directeurs de la communication sur leur propre métier. En revanche, j’espère au moins avoir fait avancer une idée : celle que les directeurs de la communication ne peuvent pas totalement déléguer internet. Ils ont besoin de penser cette question eux-mêmes et ne doivent pas toujours la sous-traiter à d’autres... Prenons un exemple simple : si on ne sait pas ce qu’est un podcast, si on n’a jamais vu comment cela fonctionne, comment peut-on avoir une idée de ce qu’il faut faire avec dans la collectivité territoriale sur le sujet ?

 

Extrait n°3 :

 

B-T : L’approche multimédia au sein des collectivités semble-t-elle se professionnaliser ?

Ph. D. : Bien évidemment, mon étude ne prétend pas être une photographie d’ensemble. Mais j’ai le sentiment que l’on a avancé très vite depuis la première phase des sites « page simple ». A l’échelle des usages, dix ans, c’est très court… Donc oui, j’ai le sentiment que l’on a bien avancé.

Les entreprises sous-traitantes ont contribué à la mise en place d’outils de professionnalisation, notamment grâce aux CMS. Les mutualisations ont également aidé : les échanges, benchmarks officiels ou officieux, plus ou moins informels… Je crois que les directeurs de la communication se sont vraiment informés, voire formés sur le numérique.


Il ne faut pas oublier que nombre de directeurs de la communication sont issus du journalisme et avaient donc une approche journalistique du Web : médiatisation plus que médiation. Cela a bien évidemment marqué les conceptions éditoriales des sites Internet. La pression, voire les peurs, des élus se greffant à cela, tout contribuait à enfermer internet dans des logiques éditoriales proches de celles de la presse.

Mais les choses avancent. J’ai le sentiment que l’on a identifié des évolutions nécessaires des métiers, des compétences plus particulières en fonction de la taille des équipes… Cette identification des principaux métiers se ressent dans les intitulés des offres d’emploi : « webmaster éditorial », « responsable éditorial de site assistée d’un webmaster technique »… Des différenciations se créent. De plus, le fait d’externaliser ou de mutualiser entre collectivités la création du socle technique semble acquis : ce n’est pas la peine de réinventer le fil à couper le beurre dans chaque collectivité ! Cela permet de concentrer les efforts des équipes sur le développement des usages, les contenus éditoriaux et les missions de service public.


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6 septembre 2006 3 06 /09 /septembre /2006 00:00

par Franck Confino

 

Tout chargé de communication territoriale a forcément lu un jour l’un de ses livres. Bruno Cohen-Bacrie, fort d’une expérience en collectivités de plus de dix ans, actuellement directeur de la com-
munication de la ville d'Echirolles, a également collaboré à Lettre du cadre territorialL'Elu d'aujourd'hui et aux Fiches pratiques politique et communication. Enseignant près de Grenoble, membre de l'Association Communication Publique et du comité de pilotage du Cap'Com, cet homme orchestre vient de co-signer avec Patrick Lamarque Pratique(s) de la communication intercommunale, aux
 éditions Weka. Incontournable.

 

 

Blog-territorial (B-T) : Bruno Cohen-Bacrie, quel est votre parcours ?

 

Bruno Cohen-BacrieBruno Cohen-Bacrie (BCB) : A la sortie de mon DESS en communication, politique et animations locales, j’ai eu l’opportunité de débuter au sein d’un cabinet d’élu en région parisienne. A la suite de choix familiaux, je suis parti dans les Bouches-du-Rhône : durant six ans, j’ai occupé le poste de directeur de la communication de la ville de Miramas. Puis, en juin 2001, les aléas de la vie municipale m’ont mené à Echirolles (38, Isère).

Site de la ville d'Echirolles

Cette ville est intéressante pour ses problématiques de communication – souvent résumées par son positionnement par rapport à une ville centrale importante, à savoir Grenoble. Le centre-ville y a presque été construit ex-nihilo, un cas extrêmement rare en France ; Echirolles est la ville du mois du graphisme ; c’est une ville en pointe sur les problématiques de développement durable… De vrais atouts pour un dircom qui peut appréhender ces dimensions de façon concrète.
Nous sommes 10 agents au sein du service communication et notre budget est d’environ 450.000 euros sans les salaires – ce qui est important pour une ville de notre strate (35 000 habitants). Les métiers de la communication sont presque intégralement représentés : journalistes, graphistes… et un pôle Internet important. Notre site a été entièrement refait et nous essayons de le rendre très vivant, ce qui nécessite une maintenance assez soutenue. Chose importante : il n’y a pas de niche budgétaire dans les différents services. C’est-à-dire que tous les moyens de la communication de la collectivité ont été ramenés au service, avec la volonté qu’il pilote la communication de tous les autres.

 

Extrait n°1 :

 

B-T : Vous avez écrit un nombre impressionnant de livres…

BCB :
J’ai effectivement rédigé trois Dossiers d’expert pour les éditions Territorial (« La presse Municipale, état des lieux et méthodologie », « La communication territoriale : procédures, objectifs et cibles » et « Les nouveaux modes de communication locale »). Je travaille également avec les éditions Weka pour lesquelles j’ai réalisé un premier ouvrage sur le marketing territorial, un autre sur la communication de proximité et un troisième sur la communication intercommunale. Outre le fait que j’aime beaucoup écrire, il est vrai que lorsqu’on est dans ces métiers depuis une dizaine d’années, on éprouve le besoin de réfléchir sur sa pratique et confronter sa réflexion à celle des autres. J’essaie donc de sentir, de capter des tendances. C’est un aspect important de mon parcours : la curiosité par rapport aux différentes expériences qui se faisaient de part et d’autre. En matière de communication territoriale, bien peu modeste serait celui qui prétendrait détenir dans sa commune LA Solution, LA Campagne, ou L’Action de communication parfaite. Donc je considère que, dans notre métier, nous devons être beaucoup tournés vers ce qui se fait ailleurs. Et quelque part, lorsqu’on écrit sur la profession, on est amené à regarder ce que font les autres pour essayer de le décrypter et de le valoriser.


B-T : C’est cette curiosité qui vous a amené à écrire un ouvrage sur la communication intercommunale avec Patrick Lamarque ?

BCB :
C’est effectivement cette curiosité, et aussi le regret que la communication territoriale soit souvent reléguée au rayon marketing des grandes librairies – et encore faut-il réussir à y trouver un ou deux ouvrages, qui s’avèrent être toujours les mêmes…
Je trouvais donc dommage que, sur ce thème émergent et porteur d’emploi pour les jeunes, il n’existe pas d’ouvrage rassemblant la réflexion et les constats de cette communication effectivement récente. L’idée était donc de porter un premier regard sur cette fonction dans les intercommunalités.
L’intérêt de l’ouvrage est également d’expliquer que cela n’intéresse pas seulement les collègues des EPCI ! Cela intéresse aussi les ceux des villes… qui seront tous les jours confrontés à ces questions. La relation à l’intercommunalité est quelque chose que nous avons appris à intégrer dans nos politiques de communication.

 

Extrait n°2 :

 

B-T : Justement, quel constat faites-vous auprès des directeurs de communication des villes ?

BCB :
Un constat mitigé. D’un côté, nous avons le sentiment qu’il se passe quelque chose. Les politiques de communication dans les EPCI sont bien construites. Elles se traduisent par un nombre important d’outils, malgré des différences phénoménales de moyens financiers et humains selon que l’on est dans une agglomération, une communauté urbaine ou une petite communauté de communes. Dans ce dernier cas, bien que la communication tienne encore parfois du bricolage, on y trouve des choses géniales.
De l’autre côté, nous avons le sentiment que reste encore très ancrée une communication territoriale parfois un peu jalouse de ses frontières. Une communication territoriale qui aurait la tentation de dire : « Quand ça marche, c’est grâce à la ville ; et quand ça ne marche pas, c’est de la faute de l’intercommunalité ou du département. »
Je pense donc que la place de la communication intercommunale dans les supports reste encore à conquérir.

B-T : Quels vont être les grands chantiers des intercommunalités en matière d’outils, de supports et de stratégies en général ?

BCB :
Le sentiment que j’ai eu en interrogeant un nombre important de collègues, c’est qu’il y a un décalage – que nous avons d’ailleurs connu autrefois dans les villes – entre l’ambition, maintenant avérée, et les moyens mis en œuvre. Dans des intercommunalités de moyenne ou plus grande taille, il n’est pas rare de voir les élus rechigner à se doter des moyens financiers et humains qui leur permettraient d’asseoir une communication d’envergure. Cet enjeu me semble important : les élus doivent prendre conscience qu’il s’agit d’une véritable fonction, d’un service public comme un autre. Ce n’est pas parce qu’on a transféré des compétences comme l’assainissement ou le ramassage des ordures ménagères que la communication inhérente doit être reléguée en second plan ! De mon point de vue, c’est une fonction d’accompagnement importante.
Ensuite il s’agit de mener un travail sur la collaboration de manière à développer les échanges sur les politiques de communication respectives. 
 


Extrait n°3 :

 

B-T : Et à Grenoble en particulier ? Comment se passent ces réunions ?

BCB :
Dans l’agglomération grenobloise cela se traduit par une ou deux réunions annuelles où l’on réfléchit collectivement autour des supports intercommunaux et à la manière dont les villes peuvent les enrichir. Nous ne sommes pas dans la confrontation mais bien dans la complémentarité vis-à-vis du citoyen, avec des informations différentes, des territoires et des rythmes différents.

Tous les dircoms des villes de l’EPCI sont conviés, mais force est de constater que les mêmes qui se plaignent parfois du manque de collaboration ne viennent pas toujours en nombre à ces réunions. Par exemple, j’ai toujours organisé ma disponibilité pour ces réunions. C’est un temps précieux où l’on s’extrait un peu de nos villes pour réfléchir à un outil commun. Ces réunions fructueuses ne sont pas propres à l’agglomération grenobloise, mais elles sont encore trop rares dans les autres.

 

Extrait n°4 :

 

 

B-T : Pour le citoyen, est-ce quelque chose de concret ? L’intercommunalité ne reste-t-elle pas une administration intermédiaire de plus ?

BCB :
La question centrale qui revient sans cesse est celle de l’élection au second degré. Mais j’ai l’impression que l’on s’abrite un peu facilement derrière l’argument du suffrage universel. Même s’il faut analyser le phénomène avec prudence, il existe plusieurs enquêtes de l’ADCF tendant à montrer que les liens entre le citoyen et l’intercommunalité se renforcent, notamment du fait que l’intercommunalité est de plus en plus présente dans la vie quotidienne. Que ce soit via l’assainissement, le ramassage ou le tri d’ordures, les intercommunalités sont amenées à entrer dans la vie quotidienne des administrés. Et c’est souvent cela le meilleur mode de communication.


Pour arriver à y parvenir, un travail patient d’ancrage territorial est nécessaire. La problématique ne se pose pas dans les mêmes termes si l’on est sur un canton bien identifié qui devient le territoire de l’EPCI ou si l’on se trouve sur un territoire créé ex nihilo.

 

Mais que cela soit autour de la régularité des outils ou autour de la communication interne à destination des élus, qui pourraient en être de bons ambassadeurs, l’intercom -
munalité a vraiment beaucoup de travail à faire pour irriguer autour d’elle.

 

 

Pratique(s) de la communication intercommunale


Contact : éditions Weka
Tél. : 01 53 35 16 00

 

 

 

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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 00:00

par Delphine Gay

 

Donner la parole aux habitants de Saint-Chamond

 

Conseiller municipal délégué aux nouvelles techno-
logies de la communication de la commune de Saint-Chamond (Loire), Jean-François Legat y développe, depuis quelques mois, une expérience de blogs municipaux thématiques. Rencontre avec un
homme qui ne manque pas d'idées.

 

blog-territorial (b-t) : Jean-François Legat, quel est votre parcours ?

 

 

Jean-François LegatJean-François Legat (J-F L.) : J'ai suivi des études de communication d'entreprise pendant lesquelles j'ai découvert tout ce qui était lié à Internet. Nous étions en 1995 ou 1996, autant dire aux prémisses, voire à la préhistoire du support. En sortant de mon école, j'ai trouvé un premier travail dans une agence de communication multimédia. J'ai travaillé pendant sept ans dans ce domaine, toujours en agence. J'ai même créé ma propre structure, une agence interactive traditionnelle, au début des années 2000. L'expérience a duré trois ans. Depuis septembre 2005, je suis passé consultant indépendant en communication et nouvelles technologies. Mes clients sont des PME-PMI, quelques groupes plus importants et quelques collectivités territoriales.
 
Concernant la ville de Saint-Chamond, je suis conseiller municipal depuis 2001 et j'ai pris la délégation des nouvelles technologies en janvier 2006. Auparavant, même sans avoir cette délégation, je m'occupais déjà de la partie NTIC de la commune. J'avais, entre autres, conseillé le directeur de la communication pour la mise en place du nouveau site Internet de la ville.


b-t : Cette délégation « officielle » vous a-t-elle permis d'aller plus loin ?


J-F L. : Oui. Depuis que j'ai cette délégation, j'ai essayé d'accélérer le mouvement, notamment avec la mise en place de blogs. Parallèlement, nous finalisons la refonte du site Internet et de sa première page. Partant d'un site classique, très institutionnel, nous allons développer les services aux usagers, et essentiellement aux citoyens, avec l'intégration de http://www.service-publique.fr sur le site, le développement d'un module pour accéder à la médiathèque, de photothèques...

Quant aux blogs, ils ont été mis en place au mois d'avril 2006. Le directeur de la communication et moi-même avons été le moteur de ce projet. L'idée était de développer la démocratie participative, citoyenne... même si je n'aime pas ce terme qui est un bien grand mot dans lequel on met tout et n'importe quoi. Nous voulions essayer de donner la parole aux habitants de Saint-Chamond et connaître leurs avis. Les blogs, auxquels je m'intéresse depuis quelques temps, me semblaient être le meilleur moyen pour lancer cette démarche. Nous avons proposé le concept au Maire, Gérard Ducarre, qui a tout de suite été séduit. Je l'ai prévenu qu'il fallait, pour un politique, une certaine ouverture d'esprit pour laisser la parole ouverte aux citoyens. Il y avait 99,99% de chances pour que nous en prenions plein la figure. Et effectivement, nous nous en sommes pris plein la figure ! Il faut savoir que les gens qui s'expriment sont ceux qui ne sont pas contents. Ceux qui sont contents, généralement, ne s'expriment pas.

 

Extrait n°1

 

 

 

b-t : Pourquoi avoir choisi de mettre en place plusieurs blogs ?

J-F L. : Nous sommes une commune assez importante, la troisième de la Loire après Saint-Etienne et Roanne, avec 37 000 habitants. Nous aurions donc pu lancer un blog multi-généraliste permettant de parler de tout et de n'importe quoi. Mais cela ne me semblait pas opportun. La masse d'informations que nous aurions pu mettre sur un blog unique était trop large. De plus, je voulais créer une certaine ligne éditoriale pour que les gens puissent s'y retrouver. L'idée a donc été de lancer plusieurs blogs, dans une démarche expérimentale, pour voir comment les gens réagissaient, et pour pouvoir choisir de continuer, ou pas, après un petit bilan.


b-t : Et quel est le premier bilan ?


J-F L. : Le blog sur la création de la zone bleue* a été une super expérience. Nous avons également mis en place d'autres blogs « annexes » qui, pour l'instant, fonctionnent moins bien : celui sur les nouvelles technologies à Saint-Chamond, mon propre blog d'élu (les cordonniers étant les plus mal chaussés, c'est évidemment celui qui est le moins mis à jour en ce moment), le blog de l'élue à la culture, qui a récemment été convaincue par le principe... Tout cela progresse petit à petit.

Je pense que nous allons faire le point dès la rentrée de septembre avec le Maire, Monsieur Ducarre, et les services concernés pour essayer de voir comment monter en puissance et ouvrir d'autres blogs, notamment thématiques, sur les grands projets en cours au sein de la commune. A mon sens, c'est ce qui fonctionne le mieux : avoir un support d'actualité qui intéresse les gens, pour les faire réagir et participer. Ces blogs thématiques doivent donc être conçus comme des espaces de discussion sur un sujet donné, un lieu échange dynamique avec les citoyens... qui me semble important et qu'on ne peut pas développer sur un site institutionnel.

 

 

Extrait n°2

 

 

 

 

b-t : Une démarche extrêmement rare qui mérite d'être saluée...
 
 
J-F L. : Il faut reconnaître que ce n'est pas évident de créer un blog. Quelqu'un doit être moteur. Etant personnellement très intéressé par ce support et étant de la partie, cela a simplifié les choses. Maintenant, c'est vrai qu'il faut avoir, de la part du politique, une véritable envie d'y aller, de s'ouvrir complètement et de jouer le jeu. Ouvrir un blog pour faire la traditionnelle autopromotion ne sert à rien. Il faut utiliser le support pour ce qu'il est... J'ai la chance d'avoir un Maire très ouvert au dialogue et prêt à entendre les choses. C'est une chance en tant que conseiller municipal mais aussi en tant que citoyen.

Je le redis, ce n'est pas tout le temps évident : la mise à jour n'est pas facile, il faut gérer les commentaires, aller glaner l'information dans les services... Au départ, j'aurais aimé qu'il y ait une information plus régulière. Mais dans le cas du blog sur la création d'une zone bleue, il n'y a pas non plus quelque chose qui se passe toutes les cinq minutes ! Une fois que l'on a annoncé que les places ont été peintes et qu'une extension a lieu à tel endroit... il n'y a pas grand chose de plus à dire. Mais ce blog a été bien perçu et bien reçu, même par les gens qui « râlaient » contre le projet.

 

C'est une belle expérience et aussi une façon de se dire, nous ne nous en cachons pas, qu'à Saint-Chamond, nous essayons d'être « moteur », de faire de nouvelles choses, d'avancer en matière de communication, de nous différencier. C'est aussi une bonne chose pour Saint-Chamond quand on en parle à l'extérieur du territoire communal. Il y a un début de communication externe, d'image, qui n'est pas inintéressant.
 
Jean-François Legat (2) : le blog sur la zone bleue...


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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 00:01

par Franck Confino

 

A la tête de la cellule Accessibilité du Web de l’association BrailleNet1 (propriétaire du label AccessiWeb2), Pierre Guillou est au cœur de
toutes les questions relatives à l’accessibilité.
A travers un état des lieux sans concession, « Monsieur Accessibilité » dessine les contours
d’un avenir empli de belles perspectives.

 

 

Blog-territorial (B-T) : Comment êtes vous devenu « Monsieur Accessibilité » ?

Pierre Guillou (P.G) : Mon parcours m'a amené à m'intéresser très tôt aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, via des applications très concrètes. De fil en aiguille, j'ai pris connaissance des aides qu'apportaient les nouvelles technologies aux personnes handicapées, notamment handicapées visuelles. C'est ainsi que j'ai rejoint l'association Braille.net, dont je suis devenu salarié en 2003, après y avoir été bénévole. A la direction de son département Accessibilité du Web, c'est en commençant à structurer les différentes approches de l'accessibilité qu'Accessiweb est né. Accessiweb n'est pas seulement un label. Ce sont des formations, un service d'information, des projets de recherche (ADELA, WAI-TIES) ou encore un concours comme les récents Trophées AccessiWeb qui avaient pour but d'informer les étudiants, ceux qui seront plus tard en charge de l'évolution du Web et des règles concernant l'accessibilité.

 

B-T : Les collectivités se tournent-elles spontanément et directement vers vous pour une expertise ?

P.G : Nous recevons énormément d'appels. Pour les personnes du service public, notre rôle est clair : celui d'un kiosque d'information proposant un bouquet de services et d'accompagnements possibles. Avec la récente obligation légale de rendre les sites publics accessibles, beaucoup de directeurs de la communication, webmestres et responsables territoriaux prennent connaissance de nos structures et nous contactent de facto.

 

 

Extrait n°1

 

 

 

B-T : Quel regard portez-vous sur la loi3 du 11 février 2005 ?

P.G : En fait, nous ne sommes concernés que par l’article 47 de cette loi. Cet article, qui concerne les sites publics, est à mon sens assez bien formulé puisqu'il impose d'abord une obligation, ensuite un cadre méthodologique (le référentiel4 Accessibilité de l’ADAE), et enfin un délai de trois ans pour la mise en conformité. Mais c'est surtout le décret d'application qui permettra d'assurer réellement le respect de la loi.

B-T : A ce jour, combien de collectivités affichent le label AccessiWeb ?

P.G : Il faut différencier les sites qui affichent un respect des critères, par exemple le label AccessiWeb, de ceux qui respectent effectivement les critères du référentiel d'accessibilité… et qui sont certainement plus nombreux. Le label n'étant pas obligatoire, on dénombre actuellement 14 sites l'affichant (je ne dispose pas de statistiques concernant les autres).

B-T : Parmi les différents outils d'accessibilité, certains vont-ils s'imposer comme des « standards » ?

P.G : Aujourd'hui, le champ de l'accessibilité a passé un cap. Tout le monde est plus ou moins informé d'une obligation et d'une définition générale de l'accessibilité. Maintenant nous entrons dans le cap industriel. Quels sont les outils nous permettant de rendre les sites accessibles en masse ? Il faut des outils qui, même s'ils ne peuvent pas tout faire, doivent aider les développeurs de sites. Parmi eux, il y a la première gamme, qui est la base : l'outil d'évaluation. Il peut être automatique et en ligne, et permet alors d’obtenir un rapport d'évaluation du site en spécifiant simplement son URL. Il peut également être manuel, comme les barres s’intégrant dans Internet Explorer ou Firefox, et permettre de vérifier, point par point, chaque critère d'accessibilité. Ces deux types d'outils sont la base de tout en matière d'accessibilité.

 

 

Extrait n°2

 

 

 

B-T : Les efforts et moyens actuellement engagés par les collectivités vous semblent-ils suffisants ?

P.G : Il y a différents niveaux. En France, bien que légèrement en retard par rapport aux pays nordiques, nous avons enfin un cadre légal. Le plus intéressant est sans doute le cadre méthodologique, avec un référentiel. Il manque aujourd'hui la phase réelle d'implémentation. Certes, elle prend forme, mais reste encore insuffisante… notamment parce qu'il va falloir accompagner les collectivités. Si le discours tenu aux collectivités est « prenez ce référentiel et appliquez-le », cela ne fonctionnera pas. L'accessibilité demande que les personnels soient formés et que la chaîne de production de l'information électronique soit revue, au sein des services, de manière à s'assurer que ce qui est mis en ligne soit accessible, et de manière pérenne. Nous ne serons donc réellement optimistes que lorsque le service public se dotera de moyens pour réellement aider les collectivités à faire le pas… et pas seulement en se contentant de leur remettre un document ! Il faut passer à cette étape d'accompagnement.

B-T : Quelle structure d'Etat pourrait jouer ce rôle ?

P.G : A ce jour et à ma connaissance, il n'y en a pas. L'ADAE qui était à l'origine du référentiel, et avec qui nous avons co-écrit ce document, s'est aujourd'hui transformée en Direction générale pour la Modernisation de l'Etat (DGME)… et je n'ai pas eu vent de l'existence d'un « Monsieur Accessibilité » à la DGME. D’ailleurs, les collectivités appellent directement l’association BrailleNet et ne cherchent pas à joindre la DGME. Puisqu’il n’y a pas de service public mis en place pour aider les collectivités, l’association BrailleNet joue de facto ce rôle-là.

 

B-T : Pour jouer ce rôle, n'auriez-vous pas désormais vocation à être rattachés à un service public ?

P.G : Bien sûr ! C'est une mission que nous assumons déjà en pratique depuis de nombreuses années. Encore faudrait-il que nous recevions une demande officielle de l'Etat…

 

 

Extrait n°3

 

 

 

B-T : Quelles sont les perspectives des cinq prochaines années ?

P.G : L'harmonisation au niveau européen va être un vrai moteur pour l'intégration des personnes handicapées, mais aussi des seniors et de toutes les populations qui peuvent être déphasées par rapport à la société de l'information. L'Europe a une exigence très forte envers toutes ces personnes et a enclenché des plans très clairs :

1)L'utilisation des normes internationales (notamment celles du W3C/WAI5).

2)L'harmonisation des méthodologies d'application de ces normes dans tous les pays d'Europe. A cet effet, BrailleNet a participé au projet européen Support-EAM6 dont l'objectif était d'harmoniser l'évaluation des sites dans différents pays et proposer une stratégie pour la création d’une marque de qualité en Europe. La première version de cette méthodologie7 sera officiellement publiée cet été.

3)A l'instar des contrôles qualité dans une chaîne de production : le contrôle de l'accessibilité des sites Web public. L'objectif est de voir s'ils augmentent leur niveau d'accessibilité mais aussi le conservent. A ce titre, nous avons étudié, toujours au sein de Support-
EAM, différents modes de certification, en proposant plusieurs schémas8. L'Europe devrait prendre position prochainement et il n'est pas impossible qu'il y ait une direction choisie qui s’appliquerait à tous les sites.

 

Nous verrons sûrement naître un label européen et la suppression des frontières de l'accessibilité grâce à l'harmonisation. Qui dit harmonisation dit possibilité d'innovation. Les industriels multimédia se mettront donc enfin à intégrer l'accessibilité au sein de leurs produits. Ils pourront le faire parce que ce sera la même accessibilité dans tous les pays d'Europe : ils n’auront pas besoin de développer différentes versions pour chaque pays comme c’est actuellement le cas. Cela représentera des économies substantielles de développement. Comme l'ont réaffirmé les pays européens à la conférence de Reagan, tous les outils d'accessibilité devront être opérationnels en 2010.

 

 

Extrait n°4

 

 

B-T : Pour conclure, quelle serait votre définition de l'accessibilité ?

P.G : Celle de Tim Berners-Lee9, le père du W3C « permettre à toute personne quelle qu’elle soit de disposer de la même information, quel que soit son moyen d'accès ». Il faudra savoir différencier ce qu'est l'information de sa mise en page, au-delà du clivage personnes handicapées / non handicapés qui est un faux débat. Dans une société où les moyens d'information se diversifient, les gens y accèdent par différents terminaux numériques : PDA, GSM, télévision numérique, etc. A la question « faudra-t-il faire autant de sources d'informations qu'il y a de moyens d'accès ? », la réponse est bien évidemment non. Une même information accessible par tous, quels que soient les moyens d'accès : telle est la définition universelle… qui dépasse le cadre des personnes handicapés, même s’il est à l'origine de cette réflexion. Tout le monde est concerné.

 

1 Association BrailleNet : http://www.braillenet.org
2 AccessiWeb : http://www.accessiweb.org

3 Loi n° 2005-102 : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANX0300217L
 
4 Référentiel Accessibilité ADAE:
http://www.adele.gouv.fr/spip/article.php3?id_article=246.
5  WCAG de W3C/WAI:
http://www.w3.org/WAI/intro/wcag.php
6 Projet Support-EAM : http://www.support-eam.org
7 UWEM (Unified Web Evaluation Methodology) : http://www.wabcluster.org/
8 Lire le document officiel sur la certification de l’accessibilité des sites Web en Europe : http://www.accessiweb.org/_repository/files/version_francaise_CWA_WAC_15554_20juin2006.doc
9 Tim Berners-Lee, de son nom complet Sir Timothy J. Berners-Lee, né le 8 juin 1955, est l'inventeur du World Wide Web. Il préside aujourd'hui le World Wide Web Consortium (W3C).
 

 

Deux barres sinon rien

CDG 22 : pour un Web accessible... maintenant !


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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 00:01

par Delphine Gay

 

Edimestre enthousiaste du portail P com' Publique, Bernard Béguin a accepté de se prêter en toute franchise au jeu des questions/réponses.
Rencontre avec un communicant qui s'investit bénévolement pour la reconnaissance de son métier et le respect des chargés de communication.

 

 

blog-territorial (b-t) : Quel parcours vous a conduit jusqu'à PcomPublique ?

 

Bernard Béguin (B.B.) : Diplômé de l'école de journalisme de Lille, j'ai fait mes premières armes, durant quatre ans, au sein de la PQR.

Bernard BéguinEn 1981, j'ai rejoint l'office départemental d'HLM du Nord en tant que responsable de la communication. J'y ai rencontré le maire d'une petite commune proche de Lille qui désirait mettre en place le service de communication de sa municipalité. L'aspect "artisanal" de cette création de poste me plaisait. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé, à partir de 1983, à réaliser moi-même "mon" journal local : mes articles, ma maquette, mes photos...

Je suis resté dircom pendant 6 ans, puis je suis devenu directeur de cabinet de cette même commune. En 1995, j'ai rejoint la technopole de Villeneuve-d'Ascq en tant que directeur de la communication mais, depuis 2003, je suis revenu à mes anciennes amours - le privé - en devenant consultant pour l'agence Sous tous les angles.

 

 

Extrait n°1

 

Pour en revenir plus précisément à PcomPublique, tout a commencé lorsque j'étais membre bénévole du comité de pilotage du Cap' Com. Le Cap' Com avait bien évidemment un site Internet, mais je me suis dit qu'il serait intéressant de développer un portail pour fédérer et mutualiser l'information autour de la communication publique. Je parle de la communication territoriale, bien évidemment, mais aussi de la communication de la santé, des ministères, des chambres consulaires des organismes d'utilité publique...

 

P com' Publique

 

J'animais déjà la mailing-list du Cap' Com : 700 professionnels de la communication en exercice dans les collectivités territoriales auxquels je faisais parvenir une newsletter hebdomadaire. Lorsque PcomPublique s'est ouvert, j'ai monté cette newsletter en pression. Désormais, il n'est plus nécessaire d'être membre du Cap' Com pour la recevoir. Les internautes peuvent s'y abonner en devenant membres de PcomPublique. Pour 100 euros par an, ils ont en outre accès aux ressources du portail, notamment aux fiches d'expériences.

 

 

Extrait n°2

 

A ce jour, nous comptons quelque 200 abonnés et plus de 1500 membres, chiffres très honorables lorsque l'on sait que PcomPublique ne fait pas de publicité et fonctionne presque uniquement grâce au bouche à oreille. Les taux de connexion au portail sont également très bons : environ 6000 visites par mois, avec des "pics" qui peuvent atteindre les 500 à 600 visites par jours.

 

 

Extrait n°3

 

  

 
b-t :
Quelle est la ligne éditoriale du portail ?

 

B.B. : J'ai tenu à lui donner un angle très "pratico-pratique" (c'est dans cet esprit que, par exemple, nous avons ouvert une bourse de lemploi). Nous parlons uniquement de communication publique et de sujets qui peuvent avoir des incidences directes sur nos métiers. Nous avons tenu à éviter deux dérives : la politique politicienne et le "tout NTIC". Certes, Internet est un élément important, mais cela reste des tuyaux ! Bref, j'essaie d'avoir une approche "boîte à outils", que je considère comme un travail de médiation : je trouve des informations que mes collègues n'ont pas le temps d'aller chercher... et je les mets à leur disposition.

 

 

Ne nous leurrons pas, ce travail est parfois assez ingrat. Vous donnez des informations, vous vous investissez, mais dès que vous invitez les gens à débattre très peu de personnes se portent volontaires. Paradoxalement, les communicants sont ceux qui communiquent le moins. Nombre de responsables de communication n'osent pas s'exprimer publiquement. Ceux qui parlent ont souvent plus de 20 ans de métier... et ont une certaine assise qui leur permet de le faire. Et tout cela vient généralement du fait que les politiques n'aiment pas que leurs communicants s'expriment. C'est l'un des enjeux des 10 ans à venir : respecter les chargés de communication et les considérer non plus comme les instruments des élus mais comme des fonctionnaires, ou contractuels, à part entière qui ont une réelle vision de leur métier.

 

 
b-t : Justement, quelle est votre vision du métier ?

 

B.B. : Il n'y a ni filière de communication publique ni reconnaissance du métier en tant que tel. C'est pourquoi il est indispensable de le professionnaliser. Les postes de la communication publique sont très variés : on y trouve des directeurs, responsables, chargés de communication mais aussi des journalistes, des maquettistes, des webmestre... Or, on considère encore trop souvent que ceux qui font les choses sont des techniciens (ainsi les maquettistes appartiennent aux filières techniques, les webmestre se retrouvent régulièrement au service informatique...) alors que ceux qui les pensent sont des administratifs, souvent rattachés au cabinet du maire.

 

Bien évidemment, il est primordial que le responsable de communication soit proche de l'organe de direction, au centre du dispositif, pour savoir ce qui se passe et être réactif, notamment sur le magazine municipal. Directeur de cabinet, DGS, directeur de la communication, DRH, DST... ces personnes doivent être au coeur de la décision publique et avoir un rôle stratégiquement important. Or, dans les petites communes, la communication n'est majoritairement pas considérée comme faisant partie de la discussion stratégique...

 

Fort heureusement, les élus commencent progressivement à comprendre qu'il faut soigner leur communication, en la considérant comme un élément important de la décision publique et pas uniquement comme un outil électoral. Si l'élu communique mal, "ça parle dans le village". Cela reste un grand classique : lorsque les gens ne savent pas, ils inventent. Et l'élu se coupe alors de sa base. C'est pourquoi il ne faut jamais oublier que nos métiers sont des métiers de médiation.


 

C'est dans ce souci de professionnalisation que nous avons créé une association en mars 2005, l'Union Nationale des Professionnels de la Communication Publique, qui regroupe désormais une centaine de personnes. Au sein de la communication publique, les gens sont assez individualistes. Ils se méfient de tout. De plus, il y a un gros turn-over. C'est donc un métier difficile à fédérer.

  

Malgré tout, nous essayons de défendre nos métiers, notamment pour cette génération de jeunes professionnalisés qui est en train d'émerger. Ils sont diplômés, ont un métier entre les mains... et pour eux, je revendique un minimum de la part des élus. Ils doivent apprendre à écouter leurs communicants, surtout lorsque ce sont des personnes qui ont fait quatre à cinq ans d'études spécifiques, et ne pas les instrumentaliser.

 

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 00:01

par Franck Confino

 

Attention ! Comme il l'écrit lui-même : des idées,
il en a plein la tête... Le directeur de la communi-
cation du Conseil général de l'Yonne et non moins célèbre éditorialiste de la Lettre du Cadre territorial nous fait partager, dans le blog qu'il a ouvert depuis le mois de février, ses réflexions sur le monde et sa vision des territoires. Rencontre avec un expert ès
« bonnes idées pour collectivités », un boulimique
de travail, un passionné.

 

Fabrice JobardLa photo sur son blog donne le ton : l'interlocuteur est invité à s'asseoir côté passager pour une conversation informelle. Le temps d'un voyage, Fabrice Jobard nous livre ses « réflexions sur le monde et ses habitants ». On aime autant les espérances (du jour) que les atermoiements (du soir) de ce super manager parfois perçu comme un saltimbanque par ses collègues de l'administration. On aime ses coups de gueule, comme celui qu'il pousse contre les journalistes : « Ce sont les Parisiens qui débarquent comme des cow-boys. Ils ne connaissent pas du tout la région et viennent en fait pour valider leurs présupposés. »

 

Ces journalistes des rédactions nationales, Fabrice Jobard les connaît bien. A la tête, durant six ans, de la direction de la communication de La Baule, station balnéaire sans problème, Fabrice nous dit avoir « réellement appris le métier de dircom en trois à quatre mois, au moment de la crise de l'Erika ».

 

Extrait n°1

 
« On est toujours avant, pendant et après une crise. Tant qu'on n'a pas compris ça, on n'a pas compris le métier. Il faut toujours faire entre sorte d'être prêt pour l'éviter et notre travail, c'est de créer des réseaux, d'être prêt à communiquer parce qu'on a établi une relation de confiance avec la population. La communication de crise n'existe pas puisque la communication naît de l'éventualité d'une crise. Dans une carrière de dircom public, il y a toujours un moment où ça n'ira pas. Mais il ne faut pas le vivre comme une crise : c'est la normalité. »

 

Extrait n°2

 
Pol VandrommeCette envie de raconter avec honnêteté le monde qui l'entoure, Fabrice Jobard la connaît depuis le collège, dont il faisait déjà le journal. Depuis, il l'entretient grâce à des rencontres et à son insatiable curiosité. Comme l'écrit Pol Vandromme: « L'essentiel se sait d'instinct depuis toujours, et le voici : le journalisme, c'est l'humeur, l'air salubre du temps, le clin d'oeil, le coup de sonde, le défi, l'enthousiasme et le dégoût, le rire qui soulage, le trait qui venge, le mot que l'on accroche comme une casserole à la queue des chiens domestiqués, le sel, le poivre, le feu, les flammes, la conviction et le dandysme, la désinvolture d'un art seigneurial et l'humilité sans didactisme d'un art populaire ». Alors Fabrice, frappez moins fort sur les journalistes car indéniablement vous en avez l'âme !

 

Fabrice JobardAprès le bac, le jeune Fabrice passe d’abord par l’IEP de Grenoble puis par l’Institut Français de Presse à la faculté d’Assas, avant d’intégrer le premier DESS consacré à la communication, politique et animation locales de Paris I. Son mémoire porte alors sur les enjeux de la communication territoriale et politique de Charles Millon, à l’époque président du Conseil général de Rhône-Alpes. La vocation s’affirme. Après avoir enchaîné de nombreux stages, il fait son service militaire dans la coopération au Sénégal comme chargé de communication du Centre culturel français. « Puis on est rentré ma femme et moi pendant les grandes grèves de 1995 post Juppé, un premier novembre avec un temps de chien et toute la France bloquée. Là, on s'est dit 'Bien... et maintenant il faut qu'on trouve du travail !' »

 

 

Un pari loin d'être gagné après deux longues années de déconnexion totale sous des soleils lointains et un retour sans la moindre piste en vue... « J'ai pris un vieux Figaro sur lequel il y avait le résultat des municipales, j'ai envoyé quelques CV, passé quelques coups de fil et puis j'ai parcouru la France en train, en auto-stop et même à pieds ! Là j'ai décroché très rapidement un premier poste de dircom à La Baule, en janvier 1996. J'avais 25 ans, c'était fantastique ».

 

Fabrice Jobard y restera donc six ans. Les premières années lui permettent de faire le tour de la "non-problématique" territoriale de cette charmante station balnéaire... jusqu'à ce que survienne la grande marée noire de décembre 19991.
« J'ai vécu de grands moments de communication. Nous étions dans une situation paradoxale où tous les moyens d'Etat avaient été déployés en Sud Loire... là où avait gueulé plus fort que les autres un certain de Villiers. Or, via des experts en courants marins, nous savions pertinemment que le polluant arriverait vite au Nord de la Loire. Si vous connaissez la baie, c'est en fait aussi logique que lorsqu'on souffle sur une bougie. »

 

Sans bénéficier des moyens d'Etat, le maire demande alors à tous les fonctionnaires territoriaux de suspendre leurs vacances du passage à l'an 2000 pour monter un PC de crise. « On l'a monté avec les pompiers du coin, raconte Fabrice. On a réquisitionné mon bureau, le bureau du maire adjoint, la salle de réunion, monté les ordinateurs et on a attendu. » Et la veille de Noël, le polluant est arrivé.

 

 

« On s'est alors trouvé face à une situation très étonnante. Pendant plus d'une semaine, il a fallu gérer la crise sans aucun moyen d'Etat, coordonner les bénévoles qui affluaient mais aussi les médias. Une expérience fondatrice où l'on se rend compte que la communication, ce n'est pas juste les petits fours, les plantes vertes et puis vaguement un peu d'information citoyenne. On est au premier poste sur le front médiatique... d'autant plus important pour une commune comme La Baule, qui vit de son image. »

 

On comprend mieux le jugement de Fabrice à l'égard de certains « moutons de journalistes » (sic), à qui ce berger n'a d'ailleurs pas hésité à lancer quelques pommes en montant un réseau informel d'une quinzaine de « gueules » locales dont étaient friands quelques JRI en mal de sujets. Il se souvient notamment du président de l'association des commerçants dont les médias adoraient la « bonne tête de capitaine Haddock » et le « discours vrai » !

 

Extrait n°3

 
Directeur de la communication de La Baule à 25 ans, de celle du Conseil général de l'Yonne à 30 ans : parcours brillant pour celui qui rejoint en 2001 le Président et Sénateur Henri de Raincourt, un élu qui a la culture de l'événementiel. C'est sous son mandat que Fabrice Jobard développe le très médiatique Festival International de Musique et Cinéma réunissant chaque année quelque 4000 personnes. Après y avoir reçu Eric Serra et son orchestre ou encore Les Choristes, il place la barre de plus en plus haut et tente cette année de faire déplacer Ennio Morricone et son orchestre Symphonitta Roma !

 

 

Ses métiers – car il est également formateur au CNFPT - l’épanouissent : il vient notamment de passer deux ans à la refonte complète du site du Conseil Général. Ses idées, il les renouvelle sans cesse pour varier les thèmes de son édito de la Lettre du Cadre Territorial, au risque de voir inonder sa boîte aux lettres de journaux municipaux…. Mais pour Fabrice Jobard, il faut que ça bouge sans cesse. Se voyant mal dans un costume de dircom quadra ou quinqua (et puis « les maires préfèrent engager des jeunes »), il pense déjà à l’avenir. Et y penser, c’est déjà le préparer.

 

Mieux que dans le marc de café, c’est dans son blog qu’on pourrait lire les « traces » d’un avenir, finalement peut-être déjà plus tracé qu’il ne croit
lui-même…

 

 

1 Le pétrolier maltais Erika s'est échoué en pleine tempête le
12 décembre 1999, au sud-ouest de Penmarc'h (Finistère).
En sombrant jusque 120 m de fond, les épaves du pétrolier
ont lâché plus de 10 000 tonnes de fioul. Après plusieurs jours
de dérive, les nappes ont souillé le littoral, du Sud-Finistère
à la Charente-Maritime.


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12 avril 2006 3 12 /04 /avril /2006 00:00

Sous forme d’entretiens, la rédaction vous brossera ici le portrait des acteurs de la communication :

- de la vie territoriale (élus, directeurs de cabinet et de la communication...)

- de la vie culturelle (directeurs des affaires culturelles, de MJC, artistes fortement impliqués dans la vie de leur quartier…)

- du milieu associatif local subventionné ou reconnu d'intérêt général

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Attention, le blog a déménagé!

ATTENTION : vous êtes égarés sur les archives de blog-territorial...
Depuis 2011, le blog a déménagé et a continué sa vie ici :

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Editeur

Directeur de la publication : 
Franck Confino 

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Et pour finir...

 

internautes sont égarés ici et trouveront leur bonheur par là !
 

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